Deuxième livre de Samuel 7,1-5.8b-12.14a.16. Le roi habitait enfin dans sa maison. Le Seigneur lui avait accordé la tranquillité en le délivrant de tous les ennemis qui l’entouraient. Le roi dit alors au prophète Nathan : « Regarde ! J’habite dans une maison de cèdre, et l’arche de Dieu habite sous un abri de toile ! » Nathan répondit au roi : « Tout ce que tu as l’intention de faire, fais-le, car le Seigneur est avec toi. » Mais, cette nuit-là, la parole du Seigneur fut adressée à Nathan : « Va dire à mon serviteur David : Ainsi parle le Seigneur : Est-ce toi qui me bâtiras une maison pour que j’y habite ? Tu diras donc à mon serviteur David : Ainsi parle le Seigneur de l’univers : C’est moi qui t’ai pris au pâturage, derrière le troupeau, pour que tu sois le chef de mon peuple Israël. J’ai été avec toi partout où tu es allé, j’ai abattu devant toi tous tes ennemis. Je t’ai fait un nom aussi grand que celui des plus grands de la terre. Je fixerai en ce lieu mon peuple Israël, je l’y planterai, il s’y établira et ne tremblera plus, et les méchants ne viendront plus l’humilier, comme ils l’ont fait autrefois, depuis le jour où j’ai institué des juges pour conduire mon peuple Israël. Oui, je t’ai accordé la tranquillité en te délivrant de tous tes ennemis. Le Seigneur t’annonce qu’il te fera lui-même une maison. Quand tes jours seront accomplis et que tu reposeras auprès de tes pères, je te susciterai dans ta descendance un successeur, qui naîtra de toi, et je rendrai stable sa royauté. Moi, je serai pour lui un père ; et lui sera pour moi un fils. Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujours. »
Psaume 89(88) 2-3.4-5.27.29. L'amour du Seigneur, sans fin je le chante ; ta fidélité, je l'annonce d'âge en âge. Je le dis : C'est un amour bâti pour toujours ; ta fidélité est plus stable que les cieux.
« Avec mon élu, j'ai fait une alliance, j'ai juré à David, mon serviteur : J'établirai ta dynastie pour toujours, je te bâtis un trône pour la suite des âges.
« Il me dira : “Tu es mon Père, mon Dieu, mon roc et mon salut !” » Sans fin je lui garderai mon amour, mon alliance avec lui sera fidèle. »
Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 16,25-27. Frères, à Celui qui peut vous rendre forts selon mon Évangile qui proclame Jésus Christ : révélation d’un mystère gardé depuis toujours dans le silence, mystère maintenant manifesté au moyen des écrits prophétiques, selon l’ordre du Dieu éternel, mystère porté à la connaissance de toutes les nations pour les amener à l’obéissance de la foi, à Celui qui est le seul sage, Dieu, par Jésus Christ, à lui la gloire pour les siècles. Amen.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1,26-38. En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.
L’Evangile de la liturgie d’aujourd’hui, quatrième dimanche de l’Avent, rapporte la visite de Marie à Elisabeth (cf. Lc 1, 39-45). Ayant reçu l’annonce de l’Ange, la Vierge ne reste pas chez elle, à repenser à ce qui est arrivé et à considérer les problèmes et les imprévus, qui ne manquaient certes pas: car, la pauvre, elle ne savait pas quoi faire de cette nouvelle, avec la culture de l’époque... Elle ne comprenait pas... Au contraire, elle pense d’abord à ceux qui sont dans le besoin; au lieu d’être concentrée sur ses problèmes, elle pense à ceux qui sont dans le besoin, elle pense à Elisabeth, sa parente, qui est âgée et enceinte: une chose étrange, miraculeuse. Marie se met en route avec générosité, sans se laisser intimider par les difficultés du trajet, répondant à un élan intérieur qui l’appelle à se faire proche et à apporter son aide. Une longue route, des kilomètres et des kilomètres, et il n’y avait pas d’autobus: elle a dû y aller à pieds. Elle sort pour apporter son aide, en partageant sa joie. Marie donne à Elisabeth la joie de Jésus, la joie qu’elle portait dans son cœur et dans son sein. Elle va la voir et proclame ses sentiments, et cette proclamation des sentiments est devenue ensuite une prière, le Magnificat, que nous connaissons tous. Et le texte dit que la Vierge «partit et se rendit en hâte» (v. 39).
Elle partit et se rendit en hâte. Dans la dernière étape du chemin de l’Avent, laissons-nous guider par ces deux verbes. Partir et se rendre en hâte: ce sont les deux mouvements que Marie a accomplis et qu’elle nous invitent nous aussi à accomplir en vue de Noël. Avant tout, partir. Après l’annonce de l’ange, se profilait pour la Vierge une période difficile: sa grossesse inattendue l’exposait à des incom-préhensions et également à des peines sévères, et même à la lapidation, dans la culture de l’époque. Imaginons combien de pensées et de préoccupations elle avait! Toutefois, elle ne se décourage pas, elle ne se laisse pas abattre, mais part. Elle ne tourne pas le regard vers le bas, vers ses pro-blèmes, mais vers le haut, vers Dieu. Et elle ne réfléchit pas à qui elle pourrait demander de l’aide, mais à qui apporter son aide. Elle pense toujours aux autres: c’est ainsi qu’est Marie, elle pense toujours aux besoins des autres. Elle fera la même chose plus tard, aux noces de Cana, quand elle s’aperçoit qu’il manque du vin. C’est un problème pour d’autres personnes, mais elle pense à cela et s’efforce de trouver une solution. Marie pense toujours aux autres. Elle pense aussi à nous.
Apprenons de la Vierge cette façon de réagir: partir, surtout quand les difficultés risquent de nous écraser. Partir, pour ne pas rester enlisés dans les problèmes, en s’apitoyant sur son sort, ou en tombant dans une tristesse qui nous paralyse. Mais pourquoi partir? Parce que Dieu est grand et est prêt à nous relever si nous lui tendons la main. Alors, abandonnons en Lui les pensées négatives, les peurs qui bloquent tous les élans et qui empêchent d’aller de l’avant. Puis faisons comme Marie: regardons autour de nous et cherchons des personnes que nous pouvons aider! Y a-t-il des personnes âgées que je connais et auxquelles je peux apporter un peu d’aide, de compagnie? Que chacun y pense. Ou rendre un service à une personne, un geste gentil, un coup de fil? Mais qui puis-je aider? Je pars et j’aide. En aidant les autres, nous nous aiderons nous-mêmes à nous relever des difficultés.
-->Le deuxième mouvement est se rendre en hâte. Cela ne veut pas dire procéder avec agitation, de manière précipitée, non, cela ne veut pas dire cela. Il s’agit en revanche de conduire nos journées d’un pas léger, en regardant de l’avant avec confiance, sans sans traîner les pieds, esclaves de nos plaintes — ces plaintes gâchent tant de vies, parce que l’on commence à se plaindre et la vie se dégrade. Les lamentations te conduisent à chercher toujours quelqu’un à blâmer. En allant vers la maison d’Elisabeth, Marie avance avec le pas rapide de celui qui a le cœur et la vie pleins de Dieu, pleins de sa joie. Alors demandons-nous, pour notre profit: comment est mon «pas»? Est-ce que je suis dynamique ou bien est-ce que je me laisse aller à la mélancolie, à la tristesse? Est-ce que je vais de l’avant avec espérance, ou bien est-ce que je m’apitoie sur mon sort? Si nous marchons du pas las des lamentations et des commérages, nous n’apporterons Dieu à personne, nous n’apporterons qu’amertume, des choses sombres. Au contraire, cela fait du bien de cultiver un sain humorisme, comme le faisaient, par exemple, saint Thomas Moore ou saint Philippe Néri. Nous pouvons demander également cette grâce, la grâce du sain humorisme: cela fait beaucoup de bien. N’oublions pas que le premier acte de charité que nous pouvons accomplir envers notre prochain est d’offrir un visage serein et souriant. Et lui apporter la joie de Jésus, comme l’a fait Marie avec Elisabeth.
Que la Mère de Dieu nous prenne par la main, nous aide à partir et nous rendre en hâte vers Noël!
Place Saint-Pierre IVe Dimanche de l'Avent, 23 décembre 2012
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Chers frères et sœurs !
En ce IVe dimanche de l’Avent, qui précède de peu la naissance du Seigneur, l’Évangile raconte la visite de Marie à sa parente Élisabeth. Cet épisode n’est pas un simple geste de courtoisie, mais représente avec une grande simplicité la rencontre de l’Ancien avec le Nouveau Testament. Les deux femmes, toutes deux enceintes, incarnent en effet l’attente et l’Attendu. Élisabeth âgée symbolise Israël qui attend le Messie, tandis que la jeune Marie porte en elle l’accomplissement de cette attente, au profit de toute l’humanité. Chez les deux femmes, ce sont d'abord les fruits de leurs seins, Jean et le Christ, qui se rencontrent et se reconnaissent. Le poète chrétien Prudence commente : « L’enfant présent dans le sein âgé salue, à travers la bouche de sa mère, le Seigneur fils de la Vierge » (Apotheosis, 590 : PL 59, 970). L’exultation de Jean dans le sein d’Élisabeth est le signe de l’accomplissement de l’attente : Dieu vient visiter son peuple. À l’Annonciation, l’archange Gabriel avait parlé à Marie de la grossesse d’Élisabeth (cf. Lc 1, 36) comme preuve de la puissance de Dieu : la stérilité, malgré l’âge avancé, s’était transformée en fertilité.
Élisabeth, en accueillant Marie, reconnaît que la promesse de Dieu à l’humanité est en train de se réaliser et elle s’exclame : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ? » (Lc 1, 42-43). L’expression « Tu es bénie entre toutes les femmes » se réfère dans l’Ancien Testament à Yaël (Jg 5, 24) et à Judith (Jdt 13, 18), deux femmes soldats qui mettent tout en œuvre pour sauver Israël. Aujourd’hui, en revanche, elle est adressée à Marie, jeune fille pacifique, qui va engendrer le Sauveur du monde. Ainsi le tressaillement de joie de Jean (cf. Lc 1, 44) rappelle la danse que le roi David fit en accompagnant l’entrée de l’Arche de l’Alliance à Jérusalem (cf. 1 Ch 15, 29). L’Arche, qui contenait les tables de la Loi, la manne et le bâton d’Aaron (cf. Hb 9, 4), était le signe de la présence de Dieu au milieu de son peuple. L’enfant à naître, Jean, exulte de joie devant Marie, Arche de la nouvelle Alliance, qui porte en son sein Jésus, le Fils de Dieu fait homme.
La scène de la Visitation exprime aussi la beauté de l’accueil : là où il y a accueil réciproque, écoute, où l’on fait de la place à l’autre, Dieu est présent ainsi que la joie qui vient de Lui.
FAUSTI - L'Angélus et l'Ave Maria font de l'Annonciation le récit le plus connu et le plus répété de l'Écriture. La vie chrétienne porte en son cœur et a pour début et fin l'Incarnation du Verbe. Tout est centré sur ce mystère, c'est une actualisation continue "aujourd'hui" du "oui" qui a attiré Dieu dans le monde. Marie est la figure de chaque croyant et de toute l'Eglise. Ce qui est arrivé à la jeune Marie doit arriver à chacun d'entre eux. Le oui de l'homme qui accueille et génère la Parole, à partir de laquelle tout commence, est le but ultime de la création. Dieu a enfin trouvé la maison dont le temple est une figure. C'est la rencontre qu'Il cherche de toute éternité, le moment en vue duquel le temps a commencé, le couronnement de Son rêve d'Amour, le prix de Son travail, la récompense de Son labeur. Enfin, du fond de Sa création, qui s'est éloignée de Lui, se lève un "oui" capable de L'attirer. Et Il vient, s'unit et s'engage pour toujours. Quelle a été la joie de Dieu de pouvoir dire à Marie : "Réjouis-toi". Après tant de drames, le Marié trouve enfin l'Epouse de Son Coeur. Sa souffrance est enfin terminée. Il est embrassé par celle qu'Il aime. Son offrande trouve des mains qui l'accueillent et les grands bras du monde comprennent, conçoivent et tiennent ce sans quoi l'homme n'est pas l'homme. L'Amour est aimé, Il a trouvé un foyer pour y habiter et la maison de l'homme n'est plus déserte. L'ange est la présence de Dieu dans Sa Parole annoncée. Notre foi en Sa Parole accueille Lui Même et nous unit à Lui : C'est le Noël de Dieu sur la terre et de l'homme au ciel. Le Verbe s'est fait chair en nous, sans nous quitter à jamais, et l'Ange peut aller l'annoncer aux autres, jusqu'à lorsque le mystère réalisé en Marie s'accomplira parmi tous les hommes. Le salut de tout homme est de devenir comme Marie : dire oui à la proposition d'Amour de Dieu, donner chair en son corps à Son Verbe éternel, engendrer le Fils dans le monde. À l'amour de Dieu qui le cherchait, dans la désobéissance et la fuite, Adam a répondu : "Je me suis caché ! (Gen 3:10). Maintenant, en Marie, l'humanité elle-même répond . "Me voici" à Celui qui a toujours dit "me voici, me voici" à ceux qui ne le cherchaient pas (Is 65,1). Dieu exulte avec une joie incontrôlable. L'amour qui a toujours été rejeté, se sent maintenant accueilli. L'amour qui n'a jamais été aimé, se sent maintenant aimé. Depuis des millénaires, voire depuis l'éternité, il attendait ce moment où sa créature Lui donnerait la grâce de dire : "Me voici", afin qu'Il puisse le remplir de Lui-même. Dieu est l'Avent : Il vient nécessairement à l'homme, parce qu'Il est Amour Aimant. L'homme est en attente : il tend nécessairement vers Lui, car il a besoin d'être aimé. Par conséquent, lorsque l'homme L'attend et dit . "Me voici", Dieu ne peut que venir. Ainsi, il lui est uni dans une seule chair : c'est l'aujourd'hui du Salut. Mon oui à chaque Parole que j'entends me fait accueillir celle-ci : un morceau de l'histoire du Verbe, qui a pris place parmi nous, devient chair de ma chair. Cette histoire, telle qu'elle est partie de Marie et nous est parvenue, part de nous pour s'incarner dans tous nos frères et sœurs jusqu'aux confins de la terre. C'est la mission de l'Église.
6 commenti:
Deuxième livre de Samuel
7,1-5.8b-12.14a.16.
Le roi habitait enfin dans sa maison. Le Seigneur lui avait accordé la tranquillité en le délivrant de tous les ennemis qui l’entouraient.
Le roi dit alors au prophète Nathan : « Regarde ! J’habite dans une maison de cèdre, et l’arche de Dieu habite sous un abri de toile ! »
Nathan répondit au roi : « Tout ce que tu as l’intention de faire, fais-le, car le Seigneur est avec toi. »
Mais, cette nuit-là, la parole du Seigneur fut adressée à Nathan :
« Va dire à mon serviteur David : Ainsi parle le Seigneur : Est-ce toi qui me bâtiras une maison pour que j’y habite ?
Tu diras donc à mon serviteur David : Ainsi parle le Seigneur de l’univers : C’est moi qui t’ai pris au pâturage, derrière le troupeau, pour que tu sois le chef de mon peuple Israël.
J’ai été avec toi partout où tu es allé, j’ai abattu devant toi tous tes ennemis. Je t’ai fait un nom aussi grand que celui des plus grands de la terre.
Je fixerai en ce lieu mon peuple Israël, je l’y planterai, il s’y établira et ne tremblera plus, et les méchants ne viendront plus l’humilier, comme ils l’ont fait autrefois,
depuis le jour où j’ai institué des juges pour conduire mon peuple Israël. Oui, je t’ai accordé la tranquillité en te délivrant de tous tes ennemis. Le Seigneur t’annonce qu’il te fera lui-même une maison.
Quand tes jours seront accomplis et que tu reposeras auprès de tes pères, je te susciterai dans ta descendance un successeur, qui naîtra de toi, et je rendrai stable sa royauté.
Moi, je serai pour lui un père ; et lui sera pour moi un fils.
Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujours. »
Psaume 89(88)
2-3.4-5.27.29.
L'amour du Seigneur, sans fin je le chante ;
ta fidélité, je l'annonce d'âge en âge.
Je le dis : C'est un amour bâti pour toujours ;
ta fidélité est plus stable que les cieux.
« Avec mon élu, j'ai fait une alliance,
j'ai juré à David, mon serviteur :
J'établirai ta dynastie pour toujours,
je te bâtis un trône pour la suite des âges.
« Il me dira : “Tu es mon Père,
mon Dieu, mon roc et mon salut !” »
Sans fin je lui garderai mon amour,
mon alliance avec lui sera fidèle. »
Lettre de saint Paul Apôtre
aux Romains 16,25-27.
Frères, à Celui qui peut vous rendre forts selon mon Évangile qui proclame Jésus Christ : révélation d’un mystère gardé depuis toujours dans le silence,
mystère maintenant manifesté au moyen des écrits prophétiques, selon l’ordre du Dieu éternel, mystère porté à la connaissance de toutes les nations pour les amener à l’obéissance de la foi,
à Celui qui est le seul sage, Dieu, par Jésus Christ, à lui la gloire pour les siècles. Amen.
Évangile de Jésus-Christ
selon saint Luc 1,26-38.
En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie.
L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »
À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;
il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »
Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? »
L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu.
Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile.
Car rien n’est impossible à Dieu. »
Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.
PAPE FRANÇOIS
ANGÉLUS
Place Saint-Pierre
Dimanche, 19 décembre 2021
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L’Evangile de la liturgie d’aujourd’hui, quatrième dimanche de l’Avent, rapporte la visite de Marie à Elisabeth (cf. Lc 1, 39-45). Ayant reçu l’annonce de l’Ange, la Vierge ne reste pas chez elle, à repenser à ce qui est arrivé et à considérer les problèmes et les imprévus, qui ne manquaient certes pas: car, la pauvre, elle ne savait pas quoi faire de cette nouvelle, avec la culture de l’époque... Elle ne comprenait pas... Au contraire, elle pense d’abord à ceux qui sont dans le besoin; au lieu d’être concentrée sur ses problèmes, elle pense à ceux qui sont dans le besoin, elle pense à Elisabeth, sa parente, qui est âgée et enceinte: une chose étrange, miraculeuse. Marie se met en route avec générosité, sans se laisser intimider par les difficultés du trajet, répondant à un élan intérieur qui l’appelle à se faire proche et à apporter son aide. Une longue route, des kilomètres et des kilomètres, et il n’y avait pas d’autobus: elle a dû y aller à pieds. Elle sort pour apporter son aide, en partageant sa joie. Marie donne à Elisabeth la joie de Jésus, la joie qu’elle portait dans son cœur et dans son sein. Elle va la voir et proclame ses sentiments, et cette proclamation des sentiments est devenue ensuite une prière, le Magnificat, que nous connaissons tous. Et le texte dit que la Vierge «partit et se rendit en hâte» (v. 39).
Elle partit et se rendit en hâte. Dans la dernière étape du chemin de l’Avent, laissons-nous guider par ces deux verbes. Partir et se rendre en hâte: ce sont les deux mouvements que Marie a accomplis et qu’elle nous invitent nous aussi à accomplir en vue de Noël. Avant tout, partir. Après l’annonce de l’ange, se profilait pour la Vierge une période difficile: sa grossesse inattendue l’exposait à des incom-préhensions et également à des peines sévères, et même à la lapidation, dans la culture de l’époque. Imaginons combien de pensées et de préoccupations elle avait! Toutefois, elle ne se décourage pas, elle ne se laisse pas abattre, mais part. Elle ne tourne pas le regard vers le bas, vers ses pro-blèmes, mais vers le haut, vers Dieu. Et elle ne réfléchit pas à qui elle pourrait demander de l’aide, mais à qui apporter son aide. Elle pense toujours aux autres: c’est ainsi qu’est Marie, elle pense toujours aux besoins des autres. Elle fera la même chose plus tard, aux noces de Cana, quand elle s’aperçoit qu’il manque du vin. C’est un problème pour d’autres personnes, mais elle pense à cela et s’efforce de trouver une solution. Marie pense toujours aux autres. Elle pense aussi à nous.
Apprenons de la Vierge cette façon de réagir: partir, surtout quand les difficultés risquent de nous écraser. Partir, pour ne pas rester enlisés dans les problèmes, en s’apitoyant sur son sort, ou en tombant dans une tristesse qui nous paralyse. Mais pourquoi partir? Parce que Dieu est grand et est prêt à nous relever si nous lui tendons la main. Alors, abandonnons en Lui les pensées négatives, les peurs qui bloquent tous les élans et qui empêchent d’aller de l’avant. Puis faisons comme Marie: regardons autour de nous et cherchons des personnes que nous pouvons aider! Y a-t-il des personnes âgées que je connais et auxquelles je peux apporter un peu d’aide, de compagnie? Que chacun y pense. Ou rendre un service à une personne, un geste gentil, un coup de fil? Mais qui puis-je aider? Je pars et j’aide. En aidant les autres, nous nous aiderons nous-mêmes à nous relever des difficultés.
-->Le deuxième mouvement est se rendre en hâte. Cela ne veut pas dire procéder avec agitation, de manière précipitée, non, cela ne veut pas dire cela. Il s’agit en revanche de conduire nos journées d’un pas léger, en regardant de l’avant avec confiance, sans sans traîner les pieds, esclaves de nos plaintes — ces plaintes gâchent tant de vies, parce que l’on commence à se plaindre et la vie se dégrade. Les lamentations te conduisent à chercher toujours quelqu’un à blâmer. En allant vers la maison d’Elisabeth, Marie avance avec le pas rapide de celui qui a le cœur et la vie pleins de Dieu, pleins de sa joie. Alors demandons-nous, pour notre profit: comment est mon «pas»? Est-ce que je suis dynamique ou bien est-ce que je me laisse aller à la mélancolie, à la tristesse? Est-ce que je vais de l’avant avec espérance, ou bien est-ce que je m’apitoie sur mon sort? Si nous marchons du pas las des lamentations et des commérages, nous n’apporterons Dieu à personne, nous n’apporterons qu’amertume, des choses sombres. Au contraire, cela fait du bien de cultiver un sain humorisme, comme le faisaient, par exemple, saint Thomas Moore ou saint Philippe Néri. Nous pouvons demander également cette grâce, la grâce du sain humorisme: cela fait beaucoup de bien. N’oublions pas que le premier acte de charité que nous pouvons accomplir envers notre prochain est d’offrir un visage serein et souriant. Et lui apporter la joie de Jésus, comme l’a fait Marie avec Elisabeth.
Que la Mère de Dieu nous prenne par la main, nous aide à partir et nous rendre en hâte vers Noël!
BENOÎT XVI
ANGÉLUS
Place Saint-Pierre
IVe Dimanche de l'Avent, 23 décembre 2012
[Vidéo]
Chers frères et sœurs !
En ce IVe dimanche de l’Avent, qui précède de peu la naissance du Seigneur, l’Évangile raconte la visite de Marie à sa parente Élisabeth. Cet épisode n’est pas un simple geste de courtoisie, mais représente avec une grande simplicité la rencontre de l’Ancien avec le Nouveau Testament. Les deux femmes, toutes deux enceintes, incarnent en effet l’attente et l’Attendu. Élisabeth âgée symbolise Israël qui attend le Messie, tandis que la jeune Marie porte en elle l’accomplissement de cette attente, au profit de toute l’humanité. Chez les deux femmes, ce sont d'abord les fruits de leurs seins, Jean et le Christ, qui se rencontrent et se reconnaissent. Le poète chrétien Prudence commente : « L’enfant présent dans le sein âgé salue, à travers la bouche de sa mère, le Seigneur fils de la Vierge » (Apotheosis, 590 : PL 59, 970). L’exultation de Jean dans le sein d’Élisabeth est le signe de l’accomplissement de l’attente : Dieu vient visiter son peuple. À l’Annonciation, l’archange Gabriel avait parlé à Marie de la grossesse d’Élisabeth (cf. Lc 1, 36) comme preuve de la puissance de Dieu : la stérilité, malgré l’âge avancé, s’était transformée en fertilité.
Élisabeth, en accueillant Marie, reconnaît que la promesse de Dieu à l’humanité est en train de se réaliser et elle s’exclame : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ? » (Lc 1, 42-43). L’expression « Tu es bénie entre toutes les femmes » se réfère dans l’Ancien Testament à Yaël (Jg 5, 24) et à Judith (Jdt 13, 18), deux femmes soldats qui mettent tout en œuvre pour sauver Israël. Aujourd’hui, en revanche, elle est adressée à Marie, jeune fille pacifique, qui va engendrer le Sauveur du monde. Ainsi le tressaillement de joie de Jean (cf. Lc 1, 44) rappelle la danse que le roi David fit en accompagnant l’entrée de l’Arche de l’Alliance à Jérusalem (cf. 1 Ch 15, 29). L’Arche, qui contenait les tables de la Loi, la manne et le bâton d’Aaron (cf. Hb 9, 4), était le signe de la présence de Dieu au milieu de son peuple. L’enfant à naître, Jean, exulte de joie devant Marie, Arche de la nouvelle Alliance, qui porte en son sein Jésus, le Fils de Dieu fait homme.
La scène de la Visitation exprime aussi la beauté de l’accueil : là où il y a accueil réciproque, écoute, où l’on fait de la place à l’autre, Dieu est présent ainsi que la joie qui vient de Lui.
FAUSTI - L'Angélus et l'Ave Maria font de l'Annonciation le récit le plus connu et le plus répété de l'Écriture. La vie chrétienne porte en son cœur et a pour début et fin l'Incarnation du Verbe. Tout est centré sur ce mystère, c'est une actualisation continue "aujourd'hui" du "oui" qui a attiré Dieu dans le monde. Marie est la figure de chaque croyant et de toute l'Eglise. Ce qui est arrivé à la jeune Marie doit arriver à chacun d'entre eux. Le oui de l'homme qui accueille et génère la Parole, à partir de laquelle tout commence, est le but ultime de la création. Dieu a enfin trouvé la maison dont le temple est une figure.
C'est la rencontre qu'Il cherche de toute éternité, le moment en vue duquel le temps a commencé, le couronnement de Son rêve d'Amour, le prix de Son travail, la récompense de Son labeur.
Enfin, du fond de Sa création, qui s'est éloignée de Lui, se lève un "oui" capable de L'attirer. Et Il vient, s'unit et s'engage pour toujours. Quelle a été la joie de Dieu de pouvoir dire à Marie : "Réjouis-toi". Après tant de drames, le Marié trouve enfin l'Epouse de Son Coeur.
Sa souffrance est enfin terminée. Il est embrassé par celle qu'Il aime. Son offrande trouve des mains qui l'accueillent et les grands bras du monde comprennent, conçoivent et tiennent ce sans quoi l'homme n'est pas l'homme. L'Amour est aimé, Il a trouvé un foyer pour y habiter et la maison de l'homme n'est plus déserte. L'ange est la présence de Dieu dans Sa Parole annoncée.
Notre foi en Sa Parole accueille Lui Même et nous unit à Lui :
C'est le Noël de Dieu sur la terre et de l'homme au ciel.
Le Verbe s'est fait chair en nous, sans nous quitter à jamais, et l'Ange peut aller l'annoncer aux autres, jusqu'à
lorsque le mystère réalisé en Marie s'accomplira parmi tous les hommes.
Le salut de tout homme est de devenir comme Marie : dire oui à la proposition d'Amour de Dieu, donner chair en son corps à Son Verbe éternel, engendrer le Fils dans le monde.
À l'amour de Dieu qui le cherchait, dans la désobéissance et la fuite, Adam a répondu : "Je me suis caché ! (Gen 3:10). Maintenant, en Marie, l'humanité elle-même répond . "Me voici" à Celui qui a toujours dit "me voici, me voici" à ceux qui ne le cherchaient pas (Is 65,1).
Dieu exulte avec une joie incontrôlable.
L'amour qui a toujours été rejeté, se sent maintenant accueilli.
L'amour qui n'a jamais été aimé, se sent maintenant aimé. Depuis des millénaires, voire depuis l'éternité, il attendait ce moment où sa créature Lui donnerait la grâce de dire : "Me voici", afin qu'Il puisse le remplir de Lui-même.
Dieu est l'Avent : Il vient nécessairement à l'homme, parce qu'Il est Amour Aimant.
L'homme est en attente : il tend nécessairement vers Lui, car il a besoin d'être aimé.
Par conséquent, lorsque l'homme L'attend et dit . "Me voici", Dieu ne peut que venir. Ainsi, il lui est uni dans une seule chair : c'est l'aujourd'hui du Salut.
Mon oui à chaque Parole que j'entends me fait accueillir celle-ci : un morceau de l'histoire du Verbe, qui a pris place parmi nous, devient chair de ma chair.
Cette histoire, telle qu'elle est partie de Marie et nous est parvenue, part de nous pour s'incarner dans tous nos frères et sœurs jusqu'aux confins de la terre. C'est la mission de l'Église.
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