Livre des Actes des Apôtres 1,1-11. Cher Théophile, dans mon premier livre, j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné, depuis le moment où il commença, jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir, par l’Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu’il avait choisis. C’est à eux qu’il s’est présenté vivant après sa Passion ; il leur en a donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu. Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux, il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père. Il déclara : « Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche : alors que Jean a baptisé avec l’eau, vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici peu de jours. » Ainsi réunis, les Apôtres l’interrogeaient : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? » Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »
Psaume 47(46) 2-3.6-7.8-9.
Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable, le grand roi sur toute la terre.
Dieu s'élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor. Sonnez pour notre Dieu, sonnez, sonnez pour notre roi, sonnez !
Car Dieu est le roi de la terre : que vos musiques l'annoncent ! Il règne, Dieu, sur les païens, Dieu est assis sur son trône sacré.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 4,1-13.
Frères, moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous exhorte à vous conduire d’une manière digne de votre vocation : ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous. À chacun d’entre nous, la grâce a été donnée selon la mesure du don fait par le Christ. C’est pourquoi l’Écriture dit : ‘Il est monté sur la hauteur, il a capturé des captifs, il a fait des dons aux hommes.’ Que veut dire : ‘Il est monté ?’ – Cela veut dire qu’il était d’abord descendu dans les régions inférieures de la terre. Et celui qui était descendu est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux pour remplir l’univers. Et les ‘dons qu’il a faits’, ce sont les Apôtres, et aussi les prophètes, les évangélisateurs, les pasteurs et ceux qui enseignent. De cette manière, les fidèles sont organisés pour que les tâches du ministère soient accomplies et que se construise le corps du Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et la pleine connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la stature du Christ dans sa plénitude.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 16,15-20.
En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. » Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.
Saint Charles de Foucauld (1858-1916) ermite et missionnaire au Sahara
§ 46, psaume 23 (Méditations sur les psaumes ; éd. Nouvelle Cité, 2002 ; p. 131-133 ; rev.) « Le Seigneur Jésus fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu » (Mc 16, 19)
« Élevez-vous, portes éternelles : qu'il entre, le roi de gloire ! (…) Qui donc est ce roi de gloire ? C'est le Seigneur, Dieu de l'univers ; c'est lui, le roi de gloire » (Ps 23, 7.10). Ces versets s’appliquent merveilleusement à l’Ascension de Notre-Seigneur reçu au ciel par les chœurs des anges…
Que vous êtes bon, mon Dieu de nous consoler des tristesses de la terre par la vue de votre bonheur… Comme premier devoir vous nous commandez de vous aimer… Et si nous remplissons ce devoir, il en résulte immédiatement et nécessairement que nous sommes dès ce monde, pendant toute notre vie, merveilleusement, infiniment heureux. Nous partageons déjà en quelque sorte le bonheur des élus, puisque comme eux nous jouissons de ce qui fait leur bonheur, comme eux nous sommes heureux parce que nous vous savons heureux… À la vérité nous ne le voyons pas clairement pour eux, mais nous le savons indubitablement (…).
Quand nous sommes tristes, affligés des péchés des autres ou des nôtres, des souffrances physiques ou morales du prochain ou des nôtres, quand nous sentons venir le découragement, élevons nos cœurs, pensons que quoi qu’il nous arrive en ce monde et dans l’autre, quoi qu’il arrive au monde entier, notre bien-aimé est Jésus et que Jésus est bienheureux : il est monté aux cieux, assis à la droite de son Père et heureux pour l’éternité… Quand on aime, si le bien-aimé est heureux, rien ne manque… notre tout est heureux, c’est tout ce qu’il nous faut (…).
Si nous l’aimons, regardons-le et remercions-le sans fin comme les anges et comme l’Église à la vue de sa gloire : « Nous te rendons grâce pour ton immense gloire » (…). Daignez, mon Dieu, par votre grande miséricorde, faire de la vue de votre bonheur notre soutien ici-bas et notre félicité éternelle ! Amen.
Aujourd’hui, en Italie et dans d’autres pays, on célèbre la solennité de l’Ascension du Seigneur. La page évangélique (Mc 16, 15-20) — conclusion de l’Evangile de Marc — nous présente la dernière rencontre du Ressuscité avec les disciples avant de monter à la droite du Père. Les scènes d’adieu, nous le savons, sont habituellement tristes, elles procurent à ceux qui restent un sentiment d’égarement, d’abandon; au contraire, les disciples ne ressentent pas cela. Malgré le détachement du Seigneur, ils ne se montrent pas inconsolables, au contraire, ils sont joyeux et prêts à partir comme missionnaires dans le monde.
Pourquoi les disciples ne sont-ils pas tristes? Pourquoi nous aussi devons-nous nous réjouir de voir Jésus monter au ciel?
L’Ascension complète la mission de Jésus parmi nous. En effet, si c’est pour nous que Jésus est descendu du ciel, c’est encore pour nous qu’il y monte. Après être descendu dans notre humanité et l’avoir rachetée — Dieu, le Fils de Dieu, descend et se fait homme, il revêt notre humanité et la rachète — il monte maintenant au ciel en emportant notre chair avec lui. C’est le premier homme qui entre au Ciel, parce Jésus est homme, vrai homme, il est Dieu, vrai Dieu; notre chair est au Ciel et cela nous donne de la joie. A la droite du Père siège maintenant un corps humain, pour la première fois, le corps de Jésus, et dans ce mystère, chacun de nous contemple sa propre destination future. Il ne s’agit en aucun cas d’abandon, Jésus reste pour toujours avec ses disciples, avec nous. Il reste dans la prière, parce que Lui, en tant qu’homme, prie le Père, et en tant que Dieu, homme et Dieu, Il lui fait voir ses plaies, les plaies par lesquelles il nous a rachetés. La prière de Jésus est là, avec notre chair: il est l’un de nous, Dieu homme, et il prie pour nous. Et cela doit nous donner une sécurité, et même une joie, une grande joie! Et le second motif de joie est la promesse de Jésus. Il nous a dit: «Je vous enverrai l’Esprit Saint». Et là, avec l’Esprit Saint, se réalise ce commandement qu’il nous donne précisément en prenant congé: «Allez dans le monde, annoncez l’Evangile». Et ce sera la force de l’Esprit Saint qui nous conduit là, dans le monde, pour apporter l’Evangile. C’est l’Esprit Saint de ce jour-là, que Jésus a promis, et qui, neuf jours après, viendra, à la fête de la Pentecôte. C’est précisément l’Esprit Saint qui a rendu possible que nous soyons tous ainsi aujourd’hui. Une grande joie! Jésus s’en est allé au Ciel: le premier homme devant le Père. Il est parti avec ses plaies qui ont été le prix de notre salut, et il prie pour nous. Puis il nous envoie l’Esprit Saint, il nous promet l’Esprit Saint, pour aller évangéliser. Voilà la raison de la joie d’aujourd’hui, voilà la raison de la joie de ce jour de l’Ascension.
Frères et sœurs, en cette fête de l’Ascension, alors que nous contemplons le Ciel, où le Christ est monté et où il siège à la droite du Père, demandons à Marie, Reine du Ciel, de nous aider à être dans le monde des témoins courageux du Ressuscité dans les situations concrètes de la vie.
FAUSTI - L'Ascension complète le jour sans fin de Pâques. Le retour du Fils au Père constitue le sens plénier du mystère pascal, le point d'arrivée de l'exode et de la création elle-même. La sortie de la terre, du tombeau, se termine par l'entrée au ciel : la créature est réunie avec son Créateur. Après l'Ascension, Dieu n'a plus rien à dire ou à donner. Il a déjà tout dit et tout donné dans la chair de Jésus. Il n'y a que le besoin continu de recevoir son Esprit, qui nous Le fait connaître et nous Le fait vivre. Son Ascension - l'exaltation de Son Humanité à la dignité de Fils de Dieu - est une certitude de bénédiction pour tout homme. Après un long travail, le Chef est né. Mais là où est la Tête, le Corps entier sera. En Lui, nous voyons l'espérance à laquelle nous avons été appelés, le trésor de gloire qui contient notre héritage (Ep 1,18). En Jésus qui monte au ciel, nous connaissons pleinement le mystère de l'homme et de son corps. Nous savons d'où Il vient parce que nous voyons où Il va : Il vient du Père de la Lumière, et Il retourne à Lui. Notre vie n'est plus suspendue dans le néant, elle a trouvé son début et sa destination. Jésus ne nous laisse pas orphelins et sans abri. C'est précisément par son départ que l'on est dirigé vers le Père et vers sa maison, où Il nous a précédés. Notre patrie est au ciel et notre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu. En Lui aussi nous sommes déjà ressuscités, assis dans les cieux et glorifiés (Phil. 3:20). Là où il est notre trésor, là est aussi notre cœur, et là où est notre cœur, là nous serons aussi. Le commandement de l'amour est le moyen d'y parvenir. Maintenant, nous savons enfin qui nous cherchons et comment le trouver. La glorification de Jésus par son corps est la réalisation du désir le plus profond que le Dieu de la vie a placé en l'homme : devenir comme Lui, en vainquant la mort. Ce n'est pas un rêve interdit (Gn 3,4) mais le cadeau que le Seigneur veut nous faire. C'est pourquoi les disciples sont remplis de joie ! Le Seigneur, montant en haut, a fait pour nous les plus grands prodiges (Ep 4,8). Il a détruit l'esclavage qui nous sépare de la patrie du désir, en surmontant notre mort et en se donnant comme le sens de notre vie ; Il a distribué tous ses dons, en nous offrant Son Esprit et la possibilité de vivre Sa Vie. Maintenant nous sommes libres, semblables à Lui, et nous voyons en Lui qui nous sommes. Enfants dans le Fils, enfin rendus adultes et responsables, nous pouvons témoigner et annoncer à nos frères l'Amour du Père, en continuant à faire et à enseigner jusqu'aux extrémités de la terre ce que Lui-même a commencé à enseigner de la Galilée à Jérusalem.
4 commenti:
Livre des Actes des Apôtres 1,1-11.
Cher Théophile, dans mon premier livre, j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné, depuis le moment où il commença,
jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir, par l’Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu’il avait choisis.
C’est à eux qu’il s’est présenté vivant après sa Passion ; il leur en a donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu.
Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux, il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père. Il déclara : « Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche :
alors que Jean a baptisé avec l’eau, vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici peu de jours. »
Ainsi réunis, les Apôtres l’interrogeaient : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? »
Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité.
Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »
Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux.
Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs,
qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »
Psaume 47(46)
2-3.6-7.8-9.
Tous les peuples, battez des mains,
acclamez Dieu par vos cris de joie !
Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable,
le grand roi sur toute la terre.
Dieu s'élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.
Sonnez pour notre Dieu,
sonnez, sonnez pour notre roi, sonnez !
Car Dieu est le roi de la terre :
que vos musiques l'annoncent !
Il règne, Dieu, sur les païens,
Dieu est assis sur son trône sacré.
Lettre de saint Paul Apôtre
aux Éphésiens 4,1-13.
Frères, moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous exhorte à vous conduire d’une manière digne de votre vocation :
ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ;
ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix.
Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit.
Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême,
un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous.
À chacun d’entre nous, la grâce a été donnée selon la mesure du don fait par le Christ.
C’est pourquoi l’Écriture dit : ‘Il est monté sur la hauteur, il a capturé des captifs, il a fait des dons aux hommes.’
Que veut dire : ‘Il est monté ?’ – Cela veut dire qu’il était d’abord descendu dans les régions inférieures de la terre.
Et celui qui était descendu est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux pour remplir l’univers.
Et les ‘dons qu’il a faits’, ce sont les Apôtres, et aussi les prophètes, les évangélisateurs, les pasteurs et ceux qui enseignent.
De cette manière, les fidèles sont organisés pour que les tâches du ministère soient accomplies et que se construise le corps du Christ,
jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et la pleine connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la stature du Christ dans sa plénitude.
Évangile de Jésus-Christ
selon saint Marc 16,15-20.
En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création.
Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné.
Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ;
ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. »
Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu.
Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.
Saint Charles de Foucauld (1858-1916)
ermite et missionnaire au Sahara
§ 46, psaume 23 (Méditations sur les psaumes ; éd. Nouvelle Cité, 2002 ; p. 131-133 ; rev.)
« Le Seigneur Jésus fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu » (Mc 16, 19)
« Élevez-vous, portes éternelles : qu'il entre, le roi de gloire ! (…) Qui donc est ce roi de gloire ? C'est le Seigneur, Dieu de l'univers ; c'est lui, le roi de gloire » (Ps 23, 7.10). Ces versets s’appliquent merveilleusement à l’Ascension de Notre-Seigneur reçu au ciel par les chœurs des anges…
Que vous êtes bon, mon Dieu de nous consoler des tristesses de la terre par la vue de votre bonheur… Comme premier devoir vous nous commandez de vous aimer… Et si nous remplissons ce devoir, il en résulte immédiatement et nécessairement que nous sommes dès ce monde, pendant toute notre vie, merveilleusement, infiniment heureux. Nous partageons déjà en quelque sorte le bonheur des élus, puisque comme eux nous jouissons de ce qui fait leur bonheur, comme eux nous sommes heureux parce que nous vous savons heureux… À la vérité nous ne le voyons pas clairement pour eux, mais nous le savons indubitablement (…).
Quand nous sommes tristes, affligés des péchés des autres ou des nôtres, des souffrances physiques ou morales du prochain ou des nôtres, quand nous sentons venir le découragement, élevons nos cœurs, pensons que quoi qu’il nous arrive en ce monde et dans l’autre, quoi qu’il arrive au monde entier, notre bien-aimé est Jésus et que Jésus est bienheureux : il est monté aux cieux, assis à la droite de son Père et heureux pour l’éternité… Quand on aime, si le bien-aimé est heureux, rien ne manque… notre tout est heureux, c’est tout ce qu’il nous faut (…).
Si nous l’aimons, regardons-le et remercions-le sans fin comme les anges et comme l’Église à la vue de sa gloire : « Nous te rendons grâce pour ton immense gloire » (…). Daignez, mon Dieu, par votre grande miséricorde, faire de la vue de votre bonheur notre soutien ici-bas et notre félicité éternelle ! Amen.
PAPE FRANÇOIS
REGINA CÆLI 16 mai 2021
Chers frères et sœurs,
Aujourd’hui, en Italie et dans d’autres pays, on célèbre la solennité de l’Ascension du Seigneur. La page évangélique (Mc 16, 15-20) — conclusion de l’Evangile de Marc — nous présente la dernière rencontre du Ressuscité avec les disciples avant de monter à la droite du Père. Les scènes d’adieu, nous le savons, sont habituellement tristes, elles procurent à ceux qui restent un sentiment d’égarement, d’abandon; au contraire, les disciples ne ressentent pas cela. Malgré le détachement du Seigneur, ils ne se montrent pas inconsolables, au contraire, ils sont joyeux et prêts à partir comme missionnaires dans le monde.
Pourquoi les disciples ne sont-ils pas tristes? Pourquoi nous aussi devons-nous nous réjouir de voir Jésus monter au ciel?
L’Ascension complète la mission de Jésus parmi nous. En effet, si c’est pour nous que Jésus est descendu du ciel, c’est encore pour nous qu’il y monte. Après être descendu dans notre humanité et l’avoir rachetée — Dieu, le Fils de Dieu, descend et se fait homme, il revêt notre humanité et la rachète — il monte maintenant au ciel en emportant notre chair avec lui. C’est le premier homme qui entre au Ciel, parce Jésus est homme, vrai homme, il est Dieu, vrai Dieu; notre chair est au Ciel et cela nous donne de la joie. A la droite du Père siège maintenant un corps humain, pour la première fois, le corps de Jésus, et dans ce mystère, chacun de nous contemple sa propre destination future. Il ne s’agit en aucun cas d’abandon, Jésus reste pour toujours avec ses disciples, avec nous. Il reste dans la prière, parce que Lui, en tant qu’homme, prie le Père, et en tant que Dieu, homme et Dieu, Il lui fait voir ses plaies, les plaies par lesquelles il nous a rachetés. La prière de Jésus est là, avec notre chair: il est l’un de nous, Dieu homme, et il prie pour nous. Et cela doit nous donner une sécurité, et même une joie, une grande joie! Et le second motif de joie est la promesse de Jésus. Il nous a dit: «Je vous enverrai l’Esprit Saint». Et là, avec l’Esprit Saint, se réalise ce commandement qu’il nous donne précisément en prenant congé: «Allez dans le monde, annoncez l’Evangile». Et ce sera la force de l’Esprit Saint qui nous conduit là, dans le monde, pour apporter l’Evangile. C’est l’Esprit Saint de ce jour-là, que Jésus a promis, et qui, neuf jours après, viendra, à la fête de la Pentecôte. C’est précisément l’Esprit Saint qui a rendu possible que nous soyons tous ainsi aujourd’hui. Une grande joie! Jésus s’en est allé au Ciel: le premier homme devant le Père. Il est parti avec ses plaies qui ont été le prix de notre salut, et il prie pour nous. Puis il nous envoie l’Esprit Saint, il nous promet l’Esprit Saint, pour aller évangéliser. Voilà la raison de la joie d’aujourd’hui, voilà la raison de la joie de ce jour de l’Ascension.
Frères et sœurs, en cette fête de l’Ascension, alors que nous contemplons le Ciel, où le Christ est monté et où il siège à la droite du Père, demandons à Marie, Reine du Ciel, de nous aider à être dans le monde des témoins courageux du Ressuscité dans les situations concrètes de la vie.
FAUSTI - L'Ascension complète le jour sans fin de Pâques. Le retour du Fils au Père constitue le sens plénier du mystère pascal, le point d'arrivée de l'exode et de la création elle-même.
La sortie de la terre, du tombeau, se termine par l'entrée au ciel : la créature est réunie avec son Créateur. Après l'Ascension, Dieu n'a plus rien à dire ou à donner.
Il a déjà tout dit et tout donné dans la chair de Jésus.
Il n'y a que le besoin continu de recevoir son Esprit, qui nous Le fait connaître et nous Le fait vivre.
Son Ascension - l'exaltation de Son Humanité à la dignité de Fils de Dieu - est une certitude de bénédiction pour tout homme. Après un long travail, le Chef est né.
Mais là où est la Tête, le Corps entier sera. En Lui, nous voyons l'espérance à laquelle nous avons été appelés, le trésor de gloire qui contient notre héritage (Ep 1,18).
En Jésus qui monte au ciel, nous connaissons pleinement le mystère de l'homme et de son corps.
Nous savons d'où Il vient parce que nous voyons où Il va : Il vient du Père de la Lumière, et Il retourne à Lui.
Notre vie n'est plus suspendue dans le néant, elle a trouvé son début et sa destination.
Jésus ne nous laisse pas orphelins et sans abri. C'est précisément par son départ que l'on est dirigé vers le Père et vers sa maison, où Il nous a précédés.
Notre patrie est au ciel et notre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu.
En Lui aussi nous sommes déjà ressuscités, assis dans les cieux et glorifiés (Phil. 3:20).
Là où il est notre trésor, là est aussi notre cœur, et là où est notre cœur, là nous serons aussi.
Le commandement de l'amour est le moyen d'y parvenir.
Maintenant, nous savons enfin qui nous cherchons et comment le trouver.
La glorification de Jésus par son corps est la réalisation du désir le plus profond que le Dieu de la vie a placé en l'homme : devenir comme Lui, en vainquant la mort.
Ce n'est pas un rêve interdit (Gn 3,4) mais le cadeau que le Seigneur veut nous faire.
C'est pourquoi les disciples sont remplis de joie ! Le Seigneur, montant en haut, a fait pour nous les plus grands prodiges (Ep 4,8).
Il a détruit l'esclavage qui nous sépare de la patrie du désir, en surmontant notre mort et en se donnant comme le sens de notre vie ; Il a distribué tous ses dons, en nous offrant Son Esprit et la possibilité de vivre Sa Vie.
Maintenant nous sommes libres, semblables à Lui, et nous voyons en Lui qui nous sommes.
Enfants dans le Fils, enfin rendus adultes et responsables, nous pouvons témoigner et annoncer à nos frères l'Amour du Père, en continuant à faire et à enseigner jusqu'aux extrémités de la terre ce que Lui-même a commencé à enseigner de la Galilée à Jérusalem.
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