Moïse disait au peuple : « Tu craindras le Seigneur ton Dieu. Tous les jours de ta vie, toi, ainsi que ton fils et le fils de ton fils, tu observeras tous ses décrets et ses commandements, que je te prescris aujourd’hui, et tu auras longue vie. Israël, tu écouteras, tu veilleras à mettre en pratique ce qui t’apportera bonheur et fécondité, dans un pays ruisselant de lait et de miel, comme te l’a dit le Seigneur, le Dieu de tes pères. Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force.
Ces paroles que je te donne aujourd’hui resteront dans ton cœur. »
PSAUME 18 Je t'aime, ô Éternel, ma force!
Éternel, mon rocher, ma forteresse, mon libérateur! Mon Dieu, mon rocher, où je trouve un abri! Mon bouclier, la force qui me sauve, ma haute retraite!
Je m'écrie: Loué soit l'Éternel! Et je suis délivré de mes ennemis.
Vive l'Éternel, et béni soit mon rocher! Que le Dieu de mon salut soit exalté, Il accorde de grandes délivrances à son roi, Et il fait miséricorde à son oint, A David, et à sa postérité, pour toujours.
Deuxième Lecture
Lecture de la lettre aux Hébreux (He 7, 23-28)
Frères, dans l’ancienne Alliance, un grand nombre de prêtres se sont succédé parce que la mort les empêchait de rester en fonction. Jésus, lui, parce qu’il demeure pour l’éternité, possède un sacerdoce qui ne passe pas. C’est pourquoi il est capable de sauver d’une manière définitive ceux qui par lui s’avancent vers Dieu, car il est toujours vivant pour intercéder en leur faveur.
C’est bien le grand prêtre qu’il nous fallait : saint, innocent, immaculé ; séparé maintenant des pécheurs, il est désormais plus haut que les cieux. Il n’a pas besoin, comme les autres grands prêtres, d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses péchés personnels, puis pour ceux du peuple ; cela, il l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même. La loi de Moïse établit comme grands prêtres des hommes remplis de faiblesse ; mais la parole du serment divin, qui vient après la Loi, établit comme grand prêtre le Fils, conduit pour l’éternité à sa perfection.
ÉVANGILE DU JOUR Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 12, 28b-34)
En ce temps-là, un scribe s’avança vers Jésus pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. » Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.
Dans la liturgie d’aujourd’hui, l’Evangile parle d’un scribe qui s’approche de Jésus et lui demande: «Quel est le premier de tous les commandements?» (Mc 12, 28). Jésus répond en citant l’Ecriture et affirme que le premier commandement est d’aimer Dieu; de celui-ci découle donc par conséquence naturelle, le deuxième: aimer son prochain comme soi-même (cf. vv. 29-31). En entendant cette réponse, le scribe non seulement la reconnaît comme juste, mais ce faisant, en la reconnaissant comme juste, il répète presque les mêmes paroles dites par Jésus: «Fort bien, Maître, tu as eu raison de dire que l'aimer de tout son cœur, de toute son intelligence et de toute sa force, et aimer le prochain comme soi-même, vaut mieux que tous les holocaustes et tous les sacrifices» (vv. 32-33).
Nous pouvons nous demander: pourquoi, en donnant son assentiment, ce scribe ressent-il le besoin de répéter les mêmes paroles de Jésus? Cette répétition semble d’autant plus surprenante si l’on pense que l’on est dans l’Evangile de Marc, qui a un style très concis. Quel est alors le sens de cette répétition? Cette répétition est un enseignement pour nous tous qui écoutons. Car la Parole du Seigneur ne peut pas être reçue comme n’importe quel fait divers. La Parole du Seigneur doit être répétée, appropriée, conservée. La tradition monastique, des moines, utilise un terme audacieux mais très concret. Elle dit: la Parole de Dieu doit être «ruminée». «Ruminer la Parole de Dieu». Nous pouvons dire qu’elle est si nourrissante qu’elle doit toucher tous les domaines de la vie: impliquer, comme le dit Jésus aujourd’hui, tout le cœur, toute l’âme, tout l’esprit, toute la force (cf. v. 30). La Parole de Dieu doit retentir, résonner et résonner encore en nous. Quand il y a cet écho intérieur qui se répète, cela signifie que le Seigneur habite notre cœur. Et il nous dit, comme à ce bon scribe de l’Evangile: «Tu n’es pas loin du royaume de Dieu» (v. 34).
Chers frères et sœurs, le Seigneur ne cherche pas tant des commentateurs habiles des Ecritures, mais il cherche des cœurs dociles qui, en accueillant sa Parole, se laissent transformer de l’intérieur. Voilà pourquoi il est si important de se familiariser avec l’Evangile, de l’avoir toujours à portée de main — même un petit Evangile dans la poche, dans son sac —, de le lire et de le relire, de s’en passionner. Quand nous faisons cela, Jésus, la Parole du Père, entre dans nos cœurs, devient intime avec nous et nous portons du fruit en Lui. Prenons l’exemple de l’Evangile d’aujourd’hui: il ne suffit pas de le lire et de comprendre qu’il faut aimer Dieu et son prochain. Il faut que ce commandement, qui est le «grand commandement», résonne en nous, soit assimilé, devienne la voix de notre conscience. Alors il ne reste pas lettre morte, dans le tiroir du cœur, parce que l’Esprit Saint fait germer en nous la semence de cette Parole. Et la Parole de Dieu agit, elle est toujours en mouvement, elle est vivante et efficace (cf. He 4, 12). Ainsi, chacun de nous peut devenir une «traduction» vivante, différente et originale. Pas une répétition, mais une «traduction» vivante, différente et originale de l’unique Parole d’amour que Dieu nous donne. Nous voyons cela par exemple dans la vie des saints: aucun n’est semblable à l’autre, tous sont différents, mais tous avec la même Parole de Dieu.
ANGÉLUS Place Saint-Pierre Dimanche 4 novembre 2012
L’Évangile de ce dimanche (Mc 12, 28-34) nous repropose l’enseignement de Jésus sur le plus grand commandement: le commandement de l’amour, qui est double : aimer Dieu et aimer le prochain. Les saints, que nous venons de célébrer tous ensemble en une unique fête solennelle, sont précisément ceux qui, confiants dans la grâce de Dieu, cherchent à vivre selon cette loi fondamentale. En effet, le commandement de l’amour peut être mis pleinement en pratique par celui qui vit dans une relation profonde avec Dieu, précisément comme l’enfant qui devient capable d’aimer à partir d’une bonne relation avec sa mère et son père. Saint Jean d’Avila, que j’ai récemment proclamé docteur de l’Église, écrit au commencement de son Traité de l’amour de Dieu : « Ce qui pousse — dit-il — le plus notre cœur à aimer Dieu, c’est de considérer profondément l’amour qu’Il a eu pour nous… Ceci, plus que les cadeaux, entraîne le cœur à aimer; car celui qui donne à l’autre un cadeau, lui donne quelque chose qu’il possède ; mais celui qui aime se donne lui-même avec tout ce qu’il a, sans qu’il ne lui reste plus rien à donner » (n. 1). Avant d’être un commandement — l’amour n’est pas un commandement —, c’est un don, une réalité que Dieu nous fait connaître et expérimenter, afin que, comme une graine, il puisse germer aussi en nous et se développer dans notre vie.
Si l’amour de Dieu s'est enraciné profondément dans une personne, alors elle est en mesure d’aimer aussi celui qui ne le mérite pas, comme le fait précisément Dieu envers nous. Un père et une mère n’aiment pas leurs enfants seulement lorsqu’ils le méritent : ils les aiment toujours, même si, naturellement, ils leur font comprendre quand ils se trompent. Nous apprenons de Dieu à vouloir toujours et seulement le bien et jamais le mal. Nous apprenons à regarder l’autre non seulement avec nos yeux, mais avec le regard de Dieu, qui est le regard de Jésus Christ. Un regard qui part du cœur et ne s’arrête pas à la surface, mais qui va au-delà des apparences et réussit à saisir les attentes profondes de l’autre : attentes d’être écouté, d’une attention gratuite ; en un mot : d’amour. Mais le chemin inverse se vérifie aussi : en m’ouvrant à l’autre comme il est, en allant à sa rencontre, en me rendant disponible, je m’ouvre aussi à la connaissance de Dieu, à sentir qu’Il existe et qu’Il est bon. Amour de Dieu et amour du prochain sont inséparables et entretiennent un rapport de réciprocité. Jésus n’a inventé ni l’un ni l’autre, mais il a révélé qu’ils sont, au fond, un unique commandement, et il l’a fait non seulement par sa parole, mais surtout par son témoignage : la Personne même de Jésus et tout son mystère incarnent l’unité de l’amour de Dieu et du prochain, comme les deux bras de la croix, vertical et horizontal. Dans l’Eucharistie, Il nous donne ce double amour, en se donnant à nous, afin que, nourris par ce Pain, nous nous aimions les uns les autres comme Lui nous a aimés.
Chers amis, par l’intercession de la Vierge Marie , prions afin que chaque chrétien sache montrer sa foi dans l’unique vrai Dieu avec un témoignage limpide d’amour pour le prochain.
FAUSTI - "Écoute, Israël, Jésus rappelle le "Shema" (Dt 6,4) à réciter dans la prière du matin et du soir. En effet, il n'est possible l'aimer que dans la mesure en qoi nous connaissons Son amour pour nous, incroyable pour ceux qui n'écoutent pas la Parole qui le révèle : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu" Il nous a créés et sauvés, en se montrant notre Seigneur et seul Seigneur. "De tout ton cœur, ta vie, ton esprit, ta force" S'Il ne nous l'avait pas ordonné, nous n'aurions jamais osé. Un Dieu qui demande : "Écoutez, s'il vous plaît ! Aime-moi, parce que je suis amoureux de toi... ou plutôt, parce que tu ne me crois pas, je te l'ordonne : aime-moi" L'amour trouve ou fait semblable. Son amour pour moi l'a fait homme, mon amour pour Lui fait de moi Dieu. Aimer, c'est louer, vénérer, servir. Louer, contrairement à l'envie, c'est se réjouir du bien de l'être aimé ; vénérer, c'est le respecter et en tenir compte par crainte de le perdre ; servir, c'est lui rendre disponible ce que l'on a, ce que l'on fait et ce que l'on est. Apprenons ce qu'est l'amour du Seigneur Lui-même, qui s'est réjoui de notre bien plus que du sien, qui nous a estimés plus que Lui, et qui a mis Sa Vie à notre service. Ce commandement nous fait comprendre qui Il est: Celui qui doit être aimé, parce qu'Il est Amour. Si l'amour est le but pour lequel nous sommes créés, notre péché ou notre échec est de ne savoir pas aimer. Dieu accepte de ne pas être aimé, mais pas d'être second. Ce ne serait pas Dieu. Il est le seul pôle sur lequel je peux choisir ; il est l'Absolu que je ne veux pas perdre, le Premier et le Seul, mon Seigneur. Je ne désire d'autre que Lui, qui seul satisfait ma faim. Il est le Seigneur de ce que je suis et de ce que je fais , qui vaut plus que ma vie, que je mets à Son service, comme Il l'a fait avec moi. L'amour est intelligent : il aime savoir pour aimer davantage. L'intelligence est comme l'œil du cœur. Vous ne pouvez pas aimer ce que vous ne voyez pas, tout comme vous ne pouvez pas ne pas essayer de voir qui vous aimez ! Tout ce que j'ai, mes qualités personnelles et mes moyens extérieurs, c'est tout pour L'aimer. En l'aimant ainsi, je me réalise pleinement, devenant semblable à Lui, qui est tout et unique Amour en Lui et pour moi. L'amour pour l'homme n'est pas une alternative à l'amour pour Dieu. Il sort comme l'eau d'une source. C'est pour ça qu'il est deuxième. Non pas parce que c'est secondaire, mais parce que tout amour vient d'en haut. La personne qui le place en premier ,échange le robinet pour la source. Et s'il s'enlève de cette source, il n' a plus d'eau. Notre prochain ne doit pas être aimé d'une manière absolue, ce serait faire de lui un Dieu, alors qu'il est un homme. Vous le chargez d'un poids qu'il ne peut pas porter, et vous le détruisez. Habituellement, vous le jetez, avec déception et haine, quand vous réalisez qu'il est limité. L'autre je dois l'aimer comme moi-même, c'est-à-dire comme celui qui se réalise en aimant Dieu. Je ne l'aime donc en vérité que si je l'aide à devenir lui-même, à atteindre le but pour lequel il a été créé, qui est précisément celui d'aimer Dieu par-dessus tout. Chaque homme est une personne libre précisément parce qu'il est en relation directe et unique avec Dieu. Pour cette raison, l'amour possessif - direct et exclusif - asservit et tue, tandis que le véritable amour libère et donne la vie. "Un autre commandement n'est pas plus grand que ceux-ci : "L'amour est l'accomplissement complet de la loi" (Rm 13, 10). Tout autre commandement a son sens en cela, et il en est l'expression. Ce qui ne vient pas de l'amour, et n'y conduit pas, n'est pas la Volonté de Dieu.
4 commenti:
LECTURE DU JOUR
Première Lecture
Lecture du livre du Deutéronome
(Dt 6, 2-6)
Moïse disait au peuple :
« Tu craindras le Seigneur ton Dieu.
Tous les jours de ta vie,
toi, ainsi que ton fils et le fils de ton fils,
tu observeras tous ses décrets et ses commandements,
que je te prescris aujourd’hui,
et tu auras longue vie.
Israël, tu écouteras,
tu veilleras à mettre en pratique
ce qui t’apportera bonheur et fécondité,
dans un pays ruisselant de lait et de miel,
comme te l’a dit le Seigneur, le Dieu de tes pères.
Écoute, Israël :
le Seigneur notre Dieu est l’Unique.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur,
de toute ton âme et de toute ta force.
Ces paroles que je te donne aujourd’hui
resteront dans ton cœur. »
PSAUME 18
Je t'aime, ô Éternel, ma force!
Éternel, mon rocher, ma forteresse, mon libérateur! Mon Dieu, mon rocher, où je trouve un abri! Mon bouclier, la force qui me sauve, ma haute retraite!
Je m'écrie: Loué soit l'Éternel! Et je suis délivré de mes ennemis.
Vive l'Éternel, et béni soit mon rocher! Que le Dieu de mon salut soit exalté,
Il accorde de grandes délivrances à son roi,
Et il fait miséricorde à son oint, A David, et à sa postérité, pour toujours.
Deuxième Lecture
Lecture de la lettre aux Hébreux
(He 7, 23-28)
Frères,
dans l’ancienne Alliance,
un grand nombre de prêtres se sont succédé
parce que la mort les empêchait de rester en fonction.
Jésus, lui, parce qu’il demeure pour l’éternité,
possède un sacerdoce qui ne passe pas.
C’est pourquoi il est capable de sauver d’une manière définitive
ceux qui par lui s’avancent vers Dieu,
car il est toujours vivant
pour intercéder en leur faveur.
C’est bien le grand prêtre qu’il nous fallait :
saint, innocent, immaculé ;
séparé maintenant des pécheurs,
il est désormais plus haut que les cieux.
Il n’a pas besoin, comme les autres grands prêtres,
d’offrir chaque jour des sacrifices,
d’abord pour ses péchés personnels,
puis pour ceux du peuple ;
cela, il l’a fait une fois pour toutes
en s’offrant lui-même.
La loi de Moïse établit comme grands prêtres
des hommes remplis de faiblesse ;
mais la parole du serment divin, qui vient après la Loi,
établit comme grand prêtre le Fils,
conduit pour l’éternité à sa perfection.
ÉVANGILE DU JOUR
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
(Mc 12, 28b-34)
En ce temps-là,
un scribe s’avança vers Jésus pour lui demander :
« Quel est le premier de tous les commandements ? »
Jésus lui fit cette réponse :
« Voici le premier :
Écoute, Israël :
le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu
de tout ton cœur, de toute ton âme,
de tout ton esprit et de toute ta force.
Et voici le second :
Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
Le scribe reprit :
« Fort bien, Maître,
tu as dit vrai :
Dieu est l’Unique
et il n’y en a pas d’autre que lui.
L’aimer de tout son cœur,
de toute son intelligence, de toute sa force,
et aimer son prochain comme soi-même,
vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. »
Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse,
lui dit :
« Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. »
Et personne n’osait plus l’interroger.
PAPE FRANÇOIS
ANGÉLUS 31 octobre 2021
Dans la liturgie d’aujourd’hui, l’Evangile parle d’un scribe qui s’approche de Jésus et lui demande: «Quel est le premier de tous les commandements?» (Mc 12, 28). Jésus répond en citant l’Ecriture et affirme que le premier commandement est d’aimer Dieu; de celui-ci découle donc par conséquence naturelle, le deuxième: aimer son prochain comme soi-même (cf. vv. 29-31). En entendant cette réponse, le scribe non seulement la reconnaît comme juste, mais ce faisant, en la reconnaissant comme juste, il répète presque les mêmes paroles dites par Jésus: «Fort bien, Maître, tu as eu raison de dire que l'aimer de tout son cœur, de toute son intelligence et de toute sa force, et aimer le prochain comme soi-même, vaut mieux que tous les holocaustes et tous les sacrifices» (vv. 32-33).
Nous pouvons nous demander: pourquoi, en donnant son assentiment, ce scribe ressent-il le besoin de répéter les mêmes paroles de Jésus? Cette répétition semble d’autant plus surprenante si l’on pense que l’on est dans l’Evangile de Marc, qui a un style très concis. Quel est alors le sens de cette répétition? Cette répétition est un enseignement pour nous tous qui écoutons. Car la Parole du Seigneur ne peut pas être reçue comme n’importe quel fait divers. La Parole du Seigneur doit être répétée, appropriée, conservée. La tradition monastique, des moines, utilise un terme audacieux mais très concret. Elle dit: la Parole de Dieu doit être «ruminée». «Ruminer la Parole de Dieu». Nous pouvons dire qu’elle est si nourrissante qu’elle doit toucher tous les domaines de la vie: impliquer, comme le dit Jésus aujourd’hui, tout le cœur, toute l’âme, tout l’esprit, toute la force (cf. v. 30). La Parole de Dieu doit retentir, résonner et résonner encore en nous. Quand il y a cet écho intérieur qui se répète, cela signifie que le Seigneur habite notre cœur. Et il nous dit, comme à ce bon scribe de l’Evangile: «Tu n’es pas loin du royaume de Dieu» (v. 34).
Chers frères et sœurs, le Seigneur ne cherche pas tant des commentateurs habiles des Ecritures, mais il cherche des cœurs dociles qui, en accueillant sa Parole, se laissent transformer de l’intérieur. Voilà pourquoi il est si important de se familiariser avec l’Evangile, de l’avoir toujours à portée de main — même un petit Evangile dans la poche, dans son sac —, de le lire et de le relire, de s’en passionner. Quand nous faisons cela, Jésus, la Parole du Père, entre dans nos cœurs, devient intime avec nous et nous portons du fruit en Lui. Prenons l’exemple de l’Evangile d’aujourd’hui: il ne suffit pas de le lire et de comprendre qu’il faut aimer Dieu et son prochain. Il faut que ce commandement, qui est le «grand commandement», résonne en nous, soit assimilé, devienne la voix de notre conscience. Alors il ne reste pas lettre morte, dans le tiroir du cœur, parce que l’Esprit Saint fait germer en nous la semence de cette Parole. Et la Parole de Dieu agit, elle est toujours en mouvement, elle est vivante et efficace (cf. He 4, 12). Ainsi, chacun de nous peut devenir une «traduction» vivante, différente et originale. Pas une répétition, mais une «traduction» vivante, différente et originale de l’unique Parole d’amour que Dieu nous donne. Nous voyons cela par exemple dans la vie des saints: aucun n’est semblable à l’autre, tous sont différents, mais tous avec la même Parole de Dieu.
BENOÎT XVI
ANGÉLUS Place Saint-Pierre
Dimanche 4 novembre 2012
L’Évangile de ce dimanche (Mc 12, 28-34) nous repropose l’enseignement de Jésus sur le plus grand commandement: le commandement de l’amour, qui est double : aimer Dieu et aimer le prochain. Les saints, que nous venons de célébrer tous ensemble en une unique fête solennelle, sont précisément ceux qui, confiants dans la grâce de Dieu, cherchent à vivre selon cette loi fondamentale. En effet, le commandement de l’amour peut être mis pleinement en pratique par celui qui vit dans une relation profonde avec Dieu, précisément comme l’enfant qui devient capable d’aimer à partir d’une bonne relation avec sa mère et son père. Saint Jean d’Avila, que j’ai récemment proclamé docteur de l’Église, écrit au commencement de son Traité de l’amour de Dieu : « Ce qui pousse — dit-il — le plus notre cœur à aimer Dieu, c’est de considérer profondément l’amour qu’Il a eu pour nous… Ceci, plus que les cadeaux, entraîne le cœur à aimer; car celui qui donne à l’autre un cadeau, lui donne quelque chose qu’il possède ; mais celui qui aime se donne lui-même avec tout ce qu’il a, sans qu’il ne lui reste plus rien à donner » (n. 1). Avant d’être un commandement — l’amour n’est pas un commandement —, c’est un don, une réalité que Dieu nous fait connaître et expérimenter, afin que, comme une graine, il puisse germer aussi en nous et se développer dans notre vie.
Si l’amour de Dieu s'est enraciné profondément dans une personne, alors elle est en mesure d’aimer aussi celui qui ne le mérite pas, comme le fait précisément Dieu envers nous. Un père et une mère n’aiment pas leurs enfants seulement lorsqu’ils le méritent : ils les aiment toujours, même si, naturellement, ils leur font comprendre quand ils se trompent. Nous apprenons de Dieu à vouloir toujours et seulement le bien et jamais le mal. Nous apprenons à regarder l’autre non seulement avec nos yeux, mais avec le regard de Dieu, qui est le regard de Jésus Christ. Un regard qui part du cœur et ne s’arrête pas à la surface, mais qui va au-delà des apparences et réussit à saisir les attentes profondes de l’autre : attentes d’être écouté, d’une attention gratuite ; en un mot : d’amour. Mais le chemin inverse se vérifie aussi : en m’ouvrant à l’autre comme il est, en allant à sa rencontre, en me rendant disponible, je m’ouvre aussi à la connaissance de Dieu, à sentir qu’Il existe et qu’Il est bon. Amour de Dieu et amour du prochain sont inséparables et entretiennent un rapport de réciprocité. Jésus n’a inventé ni l’un ni l’autre, mais il a révélé qu’ils sont, au fond, un unique commandement, et il l’a fait non seulement par sa parole, mais surtout par son témoignage : la Personne même de Jésus et tout son mystère incarnent l’unité de l’amour de Dieu et du prochain, comme les deux bras de la croix, vertical et horizontal. Dans l’Eucharistie, Il nous donne ce double amour, en se donnant à nous, afin que, nourris par ce Pain, nous nous aimions les uns les autres comme Lui nous a aimés.
Chers amis, par l’intercession de la Vierge Marie , prions afin que chaque chrétien sache montrer sa foi dans l’unique vrai Dieu avec un témoignage limpide d’amour pour le prochain.
FAUSTI - "Écoute, Israël, Jésus rappelle le "Shema" (Dt 6,4) à réciter dans la prière du matin et du soir. En effet, il n'est possible l'aimer que dans la mesure en qoi nous connaissons Son amour pour nous, incroyable pour ceux qui n'écoutent pas la Parole qui le révèle : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu" Il nous a créés et sauvés, en se montrant notre Seigneur et seul Seigneur.
"De tout ton cœur, ta vie, ton esprit, ta force"
S'Il ne nous l'avait pas ordonné, nous n'aurions jamais osé. Un Dieu qui demande : "Écoutez, s'il vous plaît ! Aime-moi, parce que je suis amoureux de toi... ou plutôt, parce que tu ne me crois pas, je te l'ordonne : aime-moi" L'amour trouve ou fait semblable. Son amour pour moi l'a fait homme, mon amour pour Lui fait de moi Dieu. Aimer, c'est louer, vénérer, servir.
Louer, contrairement à l'envie, c'est se réjouir du bien de l'être aimé ; vénérer, c'est le respecter et en tenir compte par crainte de le perdre ; servir, c'est lui rendre disponible ce que l'on a, ce que l'on fait et ce que l'on est.
Apprenons ce qu'est l'amour du Seigneur Lui-même, qui s'est réjoui de notre bien plus que du sien, qui nous a estimés plus que Lui, et qui a mis Sa Vie à notre service.
Ce commandement nous fait comprendre qui Il est: Celui qui doit être aimé, parce qu'Il est Amour.
Si l'amour est le but pour lequel nous sommes créés, notre péché ou notre échec est de ne savoir pas aimer.
Dieu accepte de ne pas être aimé, mais pas d'être second. Ce ne serait pas Dieu.
Il est le seul pôle sur lequel je peux choisir ; il est l'Absolu que je ne veux pas perdre, le Premier et le Seul, mon Seigneur.
Je ne désire d'autre que Lui, qui seul satisfait ma faim.
Il est le Seigneur de ce que je suis et de ce que je fais , qui vaut plus que ma vie, que je mets à Son service, comme Il l'a fait avec moi.
L'amour est intelligent : il aime savoir pour aimer davantage. L'intelligence est comme l'œil du cœur.
Vous ne pouvez pas aimer ce que vous ne voyez pas, tout comme vous ne pouvez pas ne pas essayer de voir qui vous aimez !
Tout ce que j'ai, mes qualités personnelles et mes moyens extérieurs, c'est tout pour L'aimer.
En l'aimant ainsi, je me réalise pleinement, devenant semblable à Lui, qui est tout et unique Amour en Lui et pour moi.
L'amour pour l'homme n'est pas une alternative à l'amour pour Dieu. Il sort comme l'eau d'une source.
C'est pour ça qu'il est deuxième. Non pas parce que c'est secondaire, mais parce que tout amour vient d'en haut.
La personne qui le place en premier ,échange le robinet pour la source. Et s'il s'enlève de cette source, il n' a plus d'eau.
Notre prochain ne doit pas être aimé d'une manière absolue, ce serait faire de lui un Dieu, alors qu'il est un homme.
Vous le chargez d'un poids qu'il ne peut pas porter, et vous le détruisez. Habituellement, vous le jetez, avec déception et haine, quand vous réalisez qu'il est limité.
L'autre je dois l'aimer comme moi-même, c'est-à-dire comme celui qui se réalise en aimant Dieu.
Je ne l'aime donc en vérité que si je l'aide à devenir lui-même, à atteindre le but pour lequel il a été créé, qui est précisément celui d'aimer Dieu par-dessus tout.
Chaque homme est une personne libre précisément parce qu'il est en relation directe et unique avec Dieu.
Pour cette raison, l'amour possessif - direct et exclusif - asservit et tue, tandis que le véritable amour libère et donne la vie.
"Un autre commandement n'est pas plus grand que ceux-ci : "L'amour est l'accomplissement complet de la loi" (Rm 13, 10). Tout autre commandement a son sens en cela, et il en est l'expression.
Ce qui ne vient pas de l'amour, et n'y conduit pas, n'est pas la Volonté de Dieu.
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