Premier livre de Samuel 3,3b-10.19. En ces jours-là, le jeune Samuel était couché dans le temple du Seigneur à Silo, où se trouvait l’arche de Dieu. Le Seigneur appela Samuel, qui répondit : « Me voici ! » Il courut vers le prêtre Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je n’ai pas appelé. Retourne te coucher. » L’enfant alla se coucher. De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Et Samuel se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je n’ai pas appelé, mon fils. Retourne te coucher. » Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur, et la parole du Seigneur ne lui avait pas encore été révélée. De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Celui-ci se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Alors Éli comprit que c’était le Seigneur qui appelait l’enfant, et il lui dit : « Va te recoucher, et s’il t’appelle, tu diras : “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.” » Samuel alla se recoucher à sa place habituelle. Le Seigneur vint, il se tenait là et il appela comme les autres fois : « Samuel ! Samuel ! » Et Samuel répondit : « Parle, ton serviteur écoute. » Samuel grandit. Le Seigneur était avec lui, et il ne laissa aucune de ses paroles sans effet.
Psaume 40(39) 2ab.4ab.7-8a.8b-9.10cd.11cd. D'un grand espoir j'espérais le Seigneur : En ma bouche il a mis un chant nouveau, une louange à notre Dieu.
Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, tu as ouvert mes oreilles ; tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j'ai dit : « Voici, je viens.
« Dans le livre, est écrit pour moi ce que tu veux que je fasse. Mon Dieu, voilà ce que j'aime : ta loi me tient aux entrailles. »
Vois, je ne retiens pas mes lèvres, Seigneur, tu le sais. J'ai dit ton amour et ta vérité à la grande assemblée.
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 6,13c-15a.17-20. Frères, le corps n’est pas pour la débauche, il est pour le Seigneur, et le Seigneur est pour le corps ; et Dieu, par sa puissance, a ressuscité le Seigneur et nous ressuscitera nous aussi. Ne le savez-vous pas ? Vos corps sont les membres du Christ. Vais-je donc prendre les membres du Christ pour en faire les membres d’une prostituée ? Absolument pas ! Celui qui s’unit au Seigneur ne fait avec lui qu’un seul esprit. Fuyez la débauche. Tous les péchés que l’homme peut commettre sont extérieurs à son corps ; mais l’homme qui se livre à la débauche commet un péché contre son propre corps. Ne le savez-vous pas ? Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint, lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car vous avez été achetés à grand prix. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 1,35-42. En ce temps-là, Jean le Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu. » Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus. Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ? » Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi). André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie » – ce qui veut dire : Christ. André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas » – ce qui veut dire : Pierre.
L’Evangile de ce deuxième dimanche du Temps Ordinaire (cf. Jn 1,35-42) présente la rencontre de Jésus avec ses premiers disciples. La scène se déroule au bord du fleuve du Jourdain, au lendemain du baptême de Jésus. C’est Jean-Baptiste lui-même qui indique le Messie à deux d’entre eux, par ces paroles: «Voici l’Agneau de Dieu!» (v. 36). Et tous deux, faisant confiance au témoignage de Jean-Baptiste, suivent Jésus. Il s’en aperçoit et leur demande: «Que cherchez-vous?», et ces derniers lui demandent: «Maître, où demeures-tu?» (v. 38).
Jésus ne répond pas: «J’habite à Capharnaüm ou à Nazareth», mais il dit: «Venez, et vous verrez» (v. 39). Pas de carte de visite, mais une invitation à une rencontre. Tous les deux le suivent et restent avec Lui cet après-midi là. Il n’est pas difficile de les imaginer assis en train de Lui poser des questions et surtout de l’écouter, en sentant que leur cœur se réchauffe toujours plus au fur et à mesure que parle le Maître. Ils ressentent la beauté de paroles qui répondent à leur plus grande espérance. Et ils découvrent soudainement que, tandis que le soir descend, en eux, dans leur cœur, jaillit la lumière que seul Dieu peut donner. Quelque chose attire l’attention: l’un d’eux, soixante ans plus tard, ou peut-être davantage, écrit dans l’Evangile: «C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi)» (Jn 1, 39), il écrivit l’heure. Cela nous fait réfléchir: toute rencontre authentique avec Jésus reste vivante dans la mémoire, on ne l’oublie pas. Tu peux oublier de nombreuses rencontres, mais la vraie rencontre avec Jésus reste toujours présente. Et ceux-là, après tant d’années, se souvenaient même de l’heure, ils n’avaient pas pu oublier cette rencontre si heureuse, si pleine, qui avait changé leur vie. Ensuite, lorsqu’ils sortent de cette rencontre et retournent auprès de leurs frères, cette joie, cette lumière déborde de leurs cœurs comme un fleuve en crue. L’un des deux, André, dit à son frère Simon – que Jésus appellera Pierre quand il le rencontrera –: «Nous avons trouvé le Messie» (v. 41). Ils sont sortis certains que Jésus était le Messie, certains.
Arrêtons-nous un moment sur cette expérience de la rencontre avec le Christ qui appelle à demeurer avec Lui. Chaque appel de Dieu est une initiative de son amour. C’est toujours Lui qui prend l’initiative, Il t’appelle. Dieu appelle à la vie, il appelle à la foi, et il appelle à un état de vie particulier: «Je veux que tu sois ici». Le premier appel de Dieu est l’appel à la vie, par lequel il nous constitue comme personnes; c’est un appel individuel, parce que Dieu ne fait pas les choses en série. Ensuite, Dieu nous appelle à la foi et à faire partie de sa famille, comme enfants de Dieu. Enfin, Dieu appelle à un état de vie particulier: à nous donner nous-mêmes dans la voie du mariage, dans celle du sacerdoce ou de la vie consacrée. Ce sont différentes manières de réaliser le projet de Dieu, celui qu’Il a sur chacun de nous, qui est toujours un dessein d’amour. Dieu appelle toujours. Et la plus grande joie pour chaque croyant est de répondre à cet appel, de s’offrir lui-même entièrement au service de Dieu et de ses frères.
-->Frères et sœurs, face à cet appel du Seigneur, qui peut nous parvenir de mille façons même à travers des personnes, des événements joyeux et tristes, nous pouvons parfois avoir une attitude de refus – «Non… J’ai peur… » –, un refus parce qu’il nous semble en contradiction avec nos aspirations; et également de la peur, parce que nous le trouvons trop exigeant et dérangeant: «Oh je n’y arriverai pas, il ne vaut mieux pas, il vaut mieux une vie plus tranquille… Dieu là, moi ici ». Mais l’appel de Dieu est amour, nous devons chercher à trouver l’amour qui est derrière chaque appel, et l’on ne répond à celui-ci que par l’amour. Voilà quel est le langage: la réponse à un appel qui vient de l’amour est seulement l’amour. Au début il y a une rencontre, ou mieux, il y a la rencontre avec Jésus, qui nous parle du Père, qui nous fait connaître son amour. Et alors surgit aussi en nous, spontanément, le désir de le communiquer aux personnes que nous aimons: « J’ai rencontré l’Amour », «J’ai rencontré le Messie», «J’ai rencontré Dieu», «J’ai rencontré Jésus», «J’ai trouvé le sens de ma vie ». En un mot: «J’ai trouvé Dieu ».
Que la Vierge Marie nous aide à faire de notre vie un chant de louange à Dieu, en réponse à son appel et dans l’accomplissement humble et joyeux de sa volonté. Mais souvenons-nous de cela: pour chacun de nous, dans la vie, il y a eu un moment où Dieu s’est fait présent avec plus de force, comme un appel. Souvenons-nous de cet appel. Remontons à ce moment, pour que la mémoire de ce moment nous renouvelle toujours dans la rencontre avec Jésus.
Dans les lectures bibliques de ce dimanche — deuxième dimanche du temps ordinaire — émerge le thème de la vocation : dans l’Évangile, il s’agit de l’appel de Jésus aux premiers disciples ; dans la première lecture, il s’agit de l’appel du prophète Samuel. Ces deux récits mettent en évidence l’importance de celui qui exerce le rôle de médiateur, aidant les personnes appelées à reconnaître la voix de Dieu et à La suivre. Dans le cas de Samuel, il s’agit d’Éli, prêtre du temple de Silo, où se trouvait jadis l’arche de l’alliance, avant d’être transportée à Jérusalem. Une nuit, Samuel, qui était encore un jeune garçon et vivait, depuis tout petit, au service du temple, avait entendu qu’on l’appelait trois fois durant son sommeil, et avait couru à chaque fois chez Éli. Mais ce n’était pas lui qui l’appelait. La troisième fois, Éli comprit et dit à Samuel : Si on t’appelle encore, réponds : « Parle, Seigneur, car ton Serviteur écoute » (1 S 3, 9). Et c’est ce qu’il se passa. Depuis, Samuel apprit à reconnaître les paroles de Dieu et devint son fidèle prophète. Dans le cas des disciples de Jésus, la figure médiatrice est Jean-Baptiste. En effet, Jean avait un vaste cercle de disciples, et, parmi eux, deux couples de frères Simon et André, Jean et Jacques, des pêcheurs de Galilée. C’est précisément à deux d’entre eux que Jean-Baptiste indiqua Jésus, le lendemain de son baptême dans les eaux du Jourdain. Il le leur indiqua en disant : « Voici l’Agneau de Dieu ! » (Jn 1, 36), ce qui équivalait à dire : « Voici le Messie ». Et les deux hommes suivirent Jésus, restèrent longtemps avec Lui. Convaincus qu’il était bien le Christ, ils partirent aussitôt le dire aux autres, et ainsi se forma le tout premier noyau de ce qui serait devenu le collège des Apôtres.
À la lumière de ces deux textes, je voudrais souligner le rôle décisif du guide spirituel sur le chemin de la foi, en particulier, dans la réponse à une vocation spéciale de consécration, au service de Dieu et de son peuple. La foi chrétienne suppose, déjà en soi, l’annonce et le témoignage : elle consiste en effet dans l’adhésion à la bonne Nouvelle que Jésus de Nazareth est mort et ressuscité, qu’il est Dieu. Ainsi, l’appel à suivre Jésus de plus près, en renonçant à former sa propre famille pour se consacrer à la grande famille de l’Église, passe aussi normalement à travers le témoignage et la proposition d’un « frère aîné », d’habitude un prêtre. Mais ceci, sans oublier le rôle fondamental des parents qui, avec leur foi simple et joyeuse et leur amour conjugal, montrent à leurs enfants qu’il est beau et possible de construire toute la vie sur l’amour de Dieu.
Chers amis, prions la Vierge Marie pour tous les éducateurs, spécialement les prêtres et les parents, afin qu’ils aient pleinement conscience de l’importance de leur rôle spirituel, pour favoriser chez les jeunes, outre leur croissance humaine, la réponse à l’appel de Dieu, à dire : « Parle Seigneur, ton serviteur t’écoute ».
S. ANSELME - Ô mon cœur, dis maintenant de tout ton être, dis maintenant à Dieu : je cherche Ta face. Je cherche Ta face, Seigneur" (Ps 26, 8). C'est pourquoi. Seigneur mon Dieu, enseigne à mon cœur où et comment Te chercher, où et comment te trouver. Seigneur, si tu n'es pas ici, où puis-je Te chercher absent ? Si Tu es partout, pourquoi ne Te vois-je pas présent ? Mais Tu demeures certainement dans une lumière inaccessible. Et où est cette lumière inaccessible, ou comment puis-je l'approcher ? Qui me conduira, qui me guidera vers elle pour que je puisse Te voir ? Et par quels signes, par quel visage Te chercherai-je ? Seigneur mon Dieu, je ne T'ai jamais vu, je ne connais pas Ton visage. Apprends-moi à Te chercher, et montre-toi quand je Te cherche : je ne peux pas Te chercher si tu ne m'enseignes pas, ni te trouver si Tu ne te montres pas. Que je te cherche en Te désirant et que je Te désire en Te cherchant, que je Te trouve en T'aimant et que je T'aime en Te trouvant.
6 commenti:
Premier livre
de Samuel 3,3b-10.19.
En ces jours-là, le jeune Samuel était couché dans le temple du Seigneur à Silo, où se trouvait l’arche de Dieu.
Le Seigneur appela Samuel, qui répondit : « Me voici ! »
Il courut vers le prêtre Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je n’ai pas appelé. Retourne te coucher. » L’enfant alla se coucher.
De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Et Samuel se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je n’ai pas appelé, mon fils. Retourne te coucher. »
Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur, et la parole du Seigneur ne lui avait pas encore été révélée.
De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Celui-ci se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Alors Éli comprit que c’était le Seigneur qui appelait l’enfant,
et il lui dit : « Va te recoucher, et s’il t’appelle, tu diras : “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.” » Samuel alla se recoucher à sa place habituelle.
Le Seigneur vint, il se tenait là et il appela comme les autres fois : « Samuel ! Samuel ! » Et Samuel répondit : « Parle, ton serviteur écoute. »
Samuel grandit. Le Seigneur était avec lui, et il ne laissa aucune de ses paroles sans effet.
Psaume 40(39)
2ab.4ab.7-8a.8b-9.10cd.11cd.
D'un grand espoir
j'espérais le Seigneur :
En ma bouche il a mis un chant nouveau,
une louange à notre Dieu.
Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice,
tu as ouvert mes oreilles ;
tu ne demandais ni holocauste ni victime,
alors j'ai dit : « Voici, je viens.
« Dans le livre, est écrit pour moi
ce que tu veux que je fasse.
Mon Dieu, voilà ce que j'aime :
ta loi me tient aux entrailles. »
Vois, je ne retiens pas mes lèvres,
Seigneur, tu le sais.
J'ai dit ton amour et ta vérité
à la grande assemblée.
Première lettre de saint Paul Apôtre
aux Corinthiens 6,13c-15a.17-20.
Frères, le corps n’est pas pour la débauche, il est pour le Seigneur, et le Seigneur est pour le corps ;
et Dieu, par sa puissance, a ressuscité le Seigneur et nous ressuscitera nous aussi.
Ne le savez-vous pas ? Vos corps sont les membres du Christ. Vais-je donc prendre les membres du Christ pour en faire les membres d’une prostituée ? Absolument pas !
Celui qui s’unit au Seigneur ne fait avec lui qu’un seul esprit.
Fuyez la débauche. Tous les péchés que l’homme peut commettre sont extérieurs à son corps ; mais l’homme qui se livre à la débauche commet un péché contre son propre corps.
Ne le savez-vous pas ? Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint, lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes,
car vous avez été achetés à grand prix. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps.
Évangile de Jésus-Christ
selon saint Jean 1,35-42.
En ce temps-là, Jean le Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples.
Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu. »
Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus.
Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ? »
Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi).
André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus.
Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie » – ce qui veut dire : Christ.
André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas » – ce qui veut dire : Pierre.
PAPE FRANÇOIS
ANGÉLUS 17 janvier 2021
Chers frères et sœurs, bonjour!
L’Evangile de ce deuxième dimanche du Temps Ordinaire (cf. Jn 1,35-42) présente la rencontre de Jésus avec ses premiers disciples. La scène se déroule au bord du fleuve du Jourdain, au lendemain du baptême de Jésus. C’est Jean-Baptiste lui-même qui indique le Messie à deux d’entre eux, par ces paroles: «Voici l’Agneau de Dieu!» (v. 36). Et tous deux, faisant confiance au témoignage de Jean-Baptiste, suivent Jésus. Il s’en aperçoit et leur demande: «Que cherchez-vous?», et ces derniers lui demandent: «Maître, où demeures-tu?» (v. 38).
Jésus ne répond pas: «J’habite à Capharnaüm ou à Nazareth», mais il dit: «Venez, et vous verrez» (v. 39). Pas de carte de visite, mais une invitation à une rencontre. Tous les deux le suivent et restent avec Lui cet après-midi là. Il n’est pas difficile de les imaginer assis en train de Lui poser des questions et surtout de l’écouter, en sentant que leur cœur se réchauffe toujours plus au fur et à mesure que parle le Maître. Ils ressentent la beauté de paroles qui répondent à leur plus grande espérance. Et ils découvrent soudainement que, tandis que le soir descend, en eux, dans leur cœur, jaillit la lumière que seul Dieu peut donner. Quelque chose attire l’attention: l’un d’eux, soixante ans plus tard, ou peut-être davantage, écrit dans l’Evangile: «C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi)» (Jn 1, 39), il écrivit l’heure. Cela nous fait réfléchir: toute rencontre authentique avec Jésus reste vivante dans la mémoire, on ne l’oublie pas. Tu peux oublier de nombreuses rencontres, mais la vraie rencontre avec Jésus reste toujours présente. Et ceux-là, après tant d’années, se souvenaient même de l’heure, ils n’avaient pas pu oublier cette rencontre si heureuse, si pleine, qui avait changé leur vie. Ensuite, lorsqu’ils sortent de cette rencontre et retournent auprès de leurs frères, cette joie, cette lumière déborde de leurs cœurs comme un fleuve en crue. L’un des deux, André, dit à son frère Simon – que Jésus appellera Pierre quand il le rencontrera –: «Nous avons trouvé le Messie» (v. 41). Ils sont sortis certains que Jésus était le Messie, certains.
Arrêtons-nous un moment sur cette expérience de la rencontre avec le Christ qui appelle à demeurer avec Lui. Chaque appel de Dieu est une initiative de son amour. C’est toujours Lui qui prend l’initiative, Il t’appelle. Dieu appelle à la vie, il appelle à la foi, et il appelle à un état de vie particulier: «Je veux que tu sois ici». Le premier appel de Dieu est l’appel à la vie, par lequel il nous constitue comme personnes; c’est un appel individuel, parce que Dieu ne fait pas les choses en série. Ensuite, Dieu nous appelle à la foi et à faire partie de sa famille, comme enfants de Dieu. Enfin, Dieu appelle à un état de vie particulier: à nous donner nous-mêmes dans la voie du mariage, dans celle du sacerdoce ou de la vie consacrée. Ce sont différentes manières de réaliser le projet de Dieu, celui qu’Il a sur chacun de nous, qui est toujours un dessein d’amour. Dieu appelle toujours. Et la plus grande joie pour chaque croyant est de répondre à cet appel, de s’offrir lui-même entièrement au service de Dieu et de ses frères.
-->Frères et sœurs, face à cet appel du Seigneur, qui peut nous parvenir de mille façons même à travers des personnes, des événements joyeux et tristes, nous pouvons parfois avoir une attitude de refus – «Non… J’ai peur… » –, un refus parce qu’il nous semble en contradiction avec nos aspirations; et également de la peur, parce que nous le trouvons trop exigeant et dérangeant: «Oh je n’y arriverai pas, il ne vaut mieux pas, il vaut mieux une vie plus tranquille… Dieu là, moi ici ». Mais l’appel de Dieu est amour, nous devons chercher à trouver l’amour qui est derrière chaque appel, et l’on ne répond à celui-ci que par l’amour. Voilà quel est le langage: la réponse à un appel qui vient de l’amour est seulement l’amour. Au début il y a une rencontre, ou mieux, il y a la rencontre avec Jésus, qui nous parle du Père, qui nous fait connaître son amour. Et alors surgit aussi en nous, spontanément, le désir de le communiquer aux personnes que nous aimons: « J’ai rencontré l’Amour », «J’ai rencontré le Messie», «J’ai rencontré Dieu», «J’ai rencontré Jésus», «J’ai trouvé le sens de ma vie ». En un mot: «J’ai trouvé Dieu ».
Que la Vierge Marie nous aide à faire de notre vie un chant de louange à Dieu, en réponse à son appel et dans l’accomplissement humble et joyeux de sa volonté. Mais souvenons-nous de cela: pour chacun de nous, dans la vie, il y a eu un moment où Dieu s’est fait présent avec plus de force, comme un appel. Souvenons-nous de cet appel. Remontons à ce moment, pour que la mémoire de ce moment nous renouvelle toujours dans la rencontre avec Jésus.
BENOÎT XVI
ANGÉLUS 15 janvier 2012
Chers frères et sœurs !
Dans les lectures bibliques de ce dimanche — deuxième dimanche du temps ordinaire — émerge le thème de la vocation : dans l’Évangile, il s’agit de l’appel de Jésus aux premiers disciples ; dans la première lecture, il s’agit de l’appel du prophète Samuel. Ces deux récits mettent en évidence l’importance de celui qui exerce le rôle de médiateur, aidant les personnes appelées à reconnaître la voix de Dieu et à La suivre. Dans le cas de Samuel, il s’agit d’Éli, prêtre du temple de Silo, où se trouvait jadis l’arche de l’alliance, avant d’être transportée à Jérusalem. Une nuit, Samuel, qui était encore un jeune garçon et vivait, depuis tout petit, au service du temple, avait entendu qu’on l’appelait trois fois durant son sommeil, et avait couru à chaque fois chez Éli. Mais ce n’était pas lui qui l’appelait. La troisième fois, Éli comprit et dit à Samuel : Si on t’appelle encore, réponds : « Parle, Seigneur, car ton Serviteur écoute » (1 S 3, 9). Et c’est ce qu’il se passa. Depuis, Samuel apprit à reconnaître les paroles de Dieu et devint son fidèle prophète. Dans le cas des disciples de Jésus, la figure médiatrice est Jean-Baptiste. En effet, Jean avait un vaste cercle de disciples, et, parmi eux, deux couples de frères Simon et André, Jean et Jacques, des pêcheurs de Galilée. C’est précisément à deux d’entre eux que Jean-Baptiste indiqua Jésus, le lendemain de son baptême dans les eaux du Jourdain. Il le leur indiqua en disant : « Voici l’Agneau de Dieu ! » (Jn 1, 36), ce qui équivalait à dire : « Voici le Messie ». Et les deux hommes suivirent Jésus, restèrent longtemps avec Lui. Convaincus qu’il était bien le Christ, ils partirent aussitôt le dire aux autres, et ainsi se forma le tout premier noyau de ce qui serait devenu le collège des Apôtres.
À la lumière de ces deux textes, je voudrais souligner le rôle décisif du guide spirituel sur le chemin de la foi, en particulier, dans la réponse à une vocation spéciale de consécration, au service de Dieu et de son peuple. La foi chrétienne suppose, déjà en soi, l’annonce et le témoignage : elle consiste en effet dans l’adhésion à la bonne Nouvelle que Jésus de Nazareth est mort et ressuscité, qu’il est Dieu. Ainsi, l’appel à suivre Jésus de plus près, en renonçant à former sa propre famille pour se consacrer à la grande famille de l’Église, passe aussi normalement à travers le témoignage et la proposition d’un « frère aîné », d’habitude un prêtre. Mais ceci, sans oublier le rôle fondamental des parents qui, avec leur foi simple et joyeuse et leur amour conjugal, montrent à leurs enfants qu’il est beau et possible de construire toute la vie sur l’amour de Dieu.
Chers amis, prions la Vierge Marie pour tous les éducateurs, spécialement les prêtres et les parents, afin qu’ils aient pleinement conscience de l’importance de leur rôle spirituel, pour favoriser chez les jeunes, outre leur croissance humaine, la réponse à l’appel de Dieu, à dire : « Parle Seigneur, ton serviteur t’écoute ».
S. ANSELME - Ô mon cœur, dis maintenant de tout ton être, dis maintenant à Dieu : je cherche Ta face. Je cherche Ta face, Seigneur" (Ps 26, 8).
C'est pourquoi. Seigneur mon Dieu, enseigne à mon cœur où et comment Te chercher, où et comment te trouver. Seigneur, si tu n'es pas ici, où puis-je Te chercher absent ? Si Tu es partout, pourquoi ne Te vois-je pas présent ? Mais Tu demeures certainement dans une lumière inaccessible. Et où est cette lumière inaccessible, ou comment puis-je l'approcher ? Qui me conduira, qui me guidera vers elle pour que je puisse Te voir ? Et par quels signes, par quel visage Te chercherai-je ? Seigneur mon Dieu, je ne T'ai jamais vu, je ne connais pas Ton visage.
Apprends-moi à Te chercher, et montre-toi quand je Te cherche : je ne peux pas Te chercher si tu ne m'enseignes pas, ni te trouver
si Tu ne te montres pas. Que je te cherche en Te désirant et que je Te désire en Te cherchant, que je Te trouve en T'aimant et que je T'aime en Te trouvant.
HÄNDEL DIXIT DOMINUS PSALM 110 (3-4-5 )
https://www.youtube.com/watch?v=GjlhscTR9-Q
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