PREMIÈRE LECTURE « La gloire du Seigneur s’est levée sur toi » (Is 60, 1-6) Lecture du livre du prophète Isaïe
Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Voici que les ténèbres couvrent la terre, et la nuée obscure couvre les peuples. Mais sur toi se lève le Seigneur, sur toi sa gloire apparaît. Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore. Lève les yeux alentour, et regarde : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi ; tes fils reviennent de loin, et tes filles sont portées sur la hanche. Alors tu verras, tu seras radieuse, ton cœur frémira et se dilatera. Les trésors d’au-delà des mers afflueront vers toi, vers toi viendront les richesses des nations. En grand nombre, des chameaux t’envahiront, de jeunes chameaux de Madiane et d’Épha. Tous les gens de Saba viendront, apportant l’or et l’encens ; ils annonceront les exploits du Seigneur.
– Parole du Seigneur.
PSAUME 71 (72) R/ Toutes les nations, Seigneur, se prosterneront devant toi. ( 71,11)
Dieu, donne au roi tes pouvoirs, à ce fils de roi ta justice. Qu’il gouverne ton peuple avec justice, qu’il fasse droit aux malheureux !
En ces jours-là, fleurira la justice, grande paix jusqu’à la fin des lunes ! Qu’il domine de la mer à la mer, et du Fleuve jusqu’au bout de la terre !
Les rois de Tarsis et des Îles apporteront des présents. Les rois de Saba et de Seba feront leur offrande. Tous les rois se prosterneront devant lui, tous les pays le serviront.
Il délivrera le pauvre qui appelle et le malheureux sans recours. Il aura souci du faible et du pauvre, du pauvre dont il sauve la vie.
DEUXIÈME LECTURE « Il est maintenant révélé que les nations sont associées au même héritage, au partage de la même promesse » (Ep 3, 2-3a.5-6) Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens
Frères, vous avez appris, je pense, en quoi consiste la grâce que Dieu m’a donnée pour vous : par révélation, il m’a fait connaître le mystère. Ce mystère n’avait pas été porté à la connaissance des hommes des générations passées, comme il a été révélé maintenant à ses saints Apôtres et aux prophètes, dans l’Esprit. Ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile.
ÉVANGILE Nous sommes venus d’Orient adorer le roi (Mt 2, 1-12) Alléluia. Alléluia. Nous avons vu son étoile à l’orient, et nous sommes venus adorer le Seigneur. Alléluia. (cf. Mt 2, 2)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. » Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Après avoir entendu le roi, ils partirent.
Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
Les Mages sont en route vers Bethléem. Leur pèlerinage parle à nous aussi qui sommes appelés à marcher vers Jésus, parce que c’est lui l’étoile polaire qui illumine les cieux de la vie et qui oriente les pas vers la vraie joie. Mais d’où est parti le pèlerinage des Mages à la rencontre de Jésus ? Qu’est-ce qui a poussé ces hommes d’Orient à se mettre en route ?
Ils avaient de très bons alibis pour ne pas partir. Ils étaient savants et astrologues, ils avaient renommée et richesse. Ayant atteint une telle sécurité culturelle, sociale et économique, ils pouvaient se contenter de ce qu’ils savaient et de ce qu’ils avaient, rester tranquilles. Au contraire, ils se laissent inquiéter par une question et par un signe : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile… » (Mt 2, 2). Leur cœur ne se laisse pas engourdir dans l’antre de l’apathie, mais il est assoiffé de lumière ; il ne se traîne pas avec lassitude dans la paresse, mais est embrasé par la nostalgie de nouveaux horizons. Leurs yeux ne sont pas tournés vers la terre, mais ils sont des fenêtres ouvertes sur le ciel. Comme l’a affirmé Benoît XVI, ils étaient « des hommes au cœur inquiet. […] Des hommes en attente qui ne se contentaient pas de leur revenu assuré et de leur position sociale. […] Ils étaient des chercheurs de Dieu » (Homélie, 6 janvier 2013).
Cette saine inquiétude qui les a portés à partir en pèlerinage, d’où est-elle née ? Elle est née du désir. Voilà leur secret intérieur : savoir désirer. Méditons là-dessus. Désirer c’est garder vivant le feu qui brûle en nous et qui nous pousse à chercher au-delà de l’immédiat, au-delà du visible. Désirer c’est accueillir la vie comme un mystère qui nous dépasse, comme une fissure toujours ouverte qui invite à regarder au-delà, parce que la vie n’est pas “toute ici”, elle est aussi “ailleurs”. Elle est comme une toile blanche qui a besoin de recevoir des couleurs. Un grand peintre, Van Gogh, écrivait que le besoin de Dieu le poussait à sortir de nuit pour peindre les étoiles (cf. Lettre à Theo, 9 mai 1889). Oui, parce que Dieu nous a faits ainsi : pétris de désir ; tournés, comme les Mages, vers les étoiles. Nous pouvons dire sans exagérer que nous sommes ce que nous désirons. Parce que ce sont les désirs qui élargissent notre regard et poussent notre vie au-delà : au-delà des barrières de l’habitude, au-delà d’une vie focalisée sur la consommation, au-delà d’une foi répétitive et fatiguée, au-delà de la peur de nous impliquer et de nous engager pour les autres et pour le bien. « Notre vie – disait saint Augustin – est une gymnastique du désir » (Traités sur la première Lettre de Jean, IV, 6).
--->D’abord, ils partent au lever de l’étoile : ils nous enseignent qu’il faut toujours repartir chaque jour, dans la vie comme dans la foi, parce que la foi n’est pas une armure qui immobilise, mais un voyage fascinant, un mouvement continu et agité, toujours en recherche de Dieu, toujours en discernement sur le chemin.
Ensuite, les Mages, à Jérusalem, demandent. Ils demandent où se trouve l’Enfant. Ils nous enseignent que nous avons besoin d’interrogations, d’écouter avec attention les questions du cœur, de la conscience ; parce que c’est ainsi que, souvent, Dieu parle, qu’il s’adresse à nous plus avec des questions qu’avec des réponses. Et cela, nous devons bien le comprendre : Dieu s’adresse à nous plus par des questions que par des réponses. Mais laissons-nous inquiéter aussi par les interrogations des enfants, par les doutes, les espérances et par les désirs des personnes de notre temps. La voie c’est se laisser interroger.
Par ailleurs, les Mages défient Hérode. Ils nous enseignent que nous avons besoin d’une foi courageuse qui n’ait pas peur de défier les logiques obscures du pouvoir et qui devienne semence de justice et de fraternité dans une société où, encore aujourd’hui, beaucoup d’Hérode sèment la mort et massacrent des pauvres et des innocents, dans l’indifférence de beaucoup.Les Mages, enfin, retournent « par un autre chemin » (Mt 2, 12) : ils nous provoquent à parcourir de nouvelles routes. C’est la créativité de l’Esprit qui fait toute chose nouvelle. C’est aussi, en ce moment, l’un des devoirs du Synode que nous sommes en train de faire : marcher ensemble dans l’écoute, pour que l’Esprit nous suggère des voies nouvelles, des chemins pour apporter l’Évangile au cœur de celui qui est indifférent, loin, de celui qui a perdu l’espérance mais qui cherche ce que les Mages ont trouvé, « une très grande joie » (Mt 2, 10). Sortir au-delà, aller de l’avant.
Mais au point culminant du voyage des Mages il y a un moment crucial : lorsqu’ils arrivent à destination “ils se prosternent et adorent l’Enfant” (cf. v. 11). Ils adorent. Rappelons-nous ceci : le voyage de la foi trouve élan et accomplissement seulement en présence de Dieu. C’est seulement si nous retrouvons le goût de l’adoration que le désir se renouvelle. Le désir te porte à l’adoration et l’adoration te renouvelle le désir. Parce que le désir de Dieu grandit seulement devant Dieu. Parce que seul Jésus guérit les désirs. De quoi ? Il les guérit de la dictature des besoins. Le cœur, en effet, tombe malade lorsque les désirs coïncident seulement avec les besoins. Dieu, au contraire, élève les désirs ; les purifie, les soigne, en les guérissant de l’égoïsme et en nous ouvrant à l’amour pour lui et pour les frères. Par conséquent, n’oublions pas l’Adoration, la prière d’adoration, qui n’est pas si répandue parmi nous : adorer, en silence. Par conséquent, n’oublions pas l’adoration, s’il vous plait.
Et ainsi, chaque jour, nous aurons la certitude, comme les Mages, que même dans les nuits les plus obscures brille une étoile. C’est l’étoile du Seigneur qui vient prendre soin de notre fragile humanité. Mettons-nous en route vers lui. Ne donnons pas à l’apathie et à la résignation le pouvoir de nous clouer dans la tristesse d’une vie plate. Prenons l’inquiétude de l’Esprit !... des cœurs inquiets ! Le monde attend des croyants un élan renouvelé ver le Ciel. Comme les Mages, levons la tête, écoutons le désir du cœur, suivons l’étoile que Dieu fait resplendir au-dessus de nous. Comme des chercheurs inquiets, restons ouverts aux surprises de Dieu. Frères et sœurs, rêvons, cherchons, adorons.
FAUSTI - «Etre né»: le Dieu-qui-sauve est déjà là. Matthieu décrit comment trouver «où» il est né, pour que son Noël soit aussi le mien. C'est la ville de David. Luc raconte également comment, en raison du recensement, il est né à Bethléem. «Au temps du roi Hérode» Hérode est le grand roi despotique et dissolu. Il est le «roi de Judée», de la terre qu'il possède; ce n'est pas le «des juifs», des gens qui y vivent. Leur roi est le Christ, qui libère! Dans ce conte, les mages sont vus en termes positifs. Ce ne sont pas des "magiciens", mais des sages qui suivent les directions de l'étoile. Regarder les étoiles, s'émerveiller de l'immensité du ciel et essayer de le comprendre, scruter son rythme et son harmonie est le début de la connaissance humaine. Le ciel règne sur la terre: il marque la succession des saisons, des mois, des jours et des heures, détermine son travail et son repos, les semailles et les récoltes, se sépare et se retrouve, pleure et fête. Mesurer le temps est la première science de l'homme, conscient que le temps dont il dispose est limité. Les mages ne se contentent pas d'observer les étoiles telles qu'elles apparaissent, persistent et disparaissent: pour eux, la science n'est pas seulement l'observation de ce qui est là, mais aussi se demander ce que cela signifie. Où est né le Seigneur, que je dois et souhaite trouver maintenant? La sagesse, reflet de la lumière incréée, guide les mages à Jérusalem: il y a le centre du peuple dépositaire de la promesse et de l'Écriture. La raison, en cherchant le salut, s'ouvre à la révélation là où elle est donnée. C'est en Israël que se trouve le Christ, pour tous et pour toujours. Perdre cette racine, c'est perdre le fruit. La première tentation est de s'ouvrir à Dieu, mais en niant «l'histoire» dans laquelle il se révèle et agit, réduisant tout à une idéologie et un symbole, sans son contenu. C'est ce que font les diverses Lumières et moralismes anciens et récents, comme le Nouvel Âge. Quiconque ne reconnaît pas Jésus «dans la chair» n'a pas l'Esprit de Dieu (1 Jn4,2); il est simplement trompé. Se détacher d'Israël, ancien et nouveau, de Marie et de l'Église, c'est perdre «l'Évangile»: la chair de Dieu-avec-nous. Comme en Judée, donc dans tous les coins de la terre, il y a deux manières opposées d'être roi: l'une puissante, qui opprime, l'autre humble, qui sauve. Les deux se tiennent ensemble comme l'obscurité et la lumière. Les mages recherchent le roi des Juifs, pas le roi de Judée. Quel roi et quel homme, quel Dieu et quel salut cherchons-nous? À l'époque de Jésus, il y avait une conjonction entre Jupiter et Saturne, l'étoile du sabbat, la fête des Juifs. La comète de Halley est également apparue. Quel que soit le signe, c'est une "étoile théologique". «L'adorer»: adorer est le désir qui fait bouger chaque chemin depuis le début, la fin de toute compréhension et action. Adorer, c'est porter à la bouche, embrasser, en communion d'amour et de souffle.
--->Ce que les mages font ici, les apôtres le feront à la fin. Hérode et tout Jérusalem écoutent la question et la recherche des peuples qui se tournent vers eux. Le trouble général est la surprise de ceux qui doivent décider quel roi ils veulent: si Hérode, égal à ce que chacun a, ou ce que Dieu a promis. L'autorité politique convoque les autorités religieuses et intellectuelles pour savoir «où» ce roi est né. Ils ont la bonne réponse. Ils déplacent leurs yeux vers les Écritures, mais ceux-ci ne déplacent pas leurs pieds vers le Seigneur. Ils connaissent la vérité, mais ils s'en éloignent. Combien de fois la connaissance sert-elle à se défendre de ce que l'on sait! Ils devraient «sortir» pour rencontrer le Seigneur. Quiconque ne sort pas à sa rencontre devient avec sa connaissance complice de ceux qui tuent. «Vous n'êtes pas le plus petit» Le plus petit, le moindre, est le critère du choix de Dieu, opposé à celui d'Hérode et de tout homme. Dieu choisit Israël comme son peuple parce que c'est le plus petit des peuples. Il choisit donc David comme roi, le plus jeune de ses frères (1Sam 16:11). Dieu choisit les choses qui ne sont pas «pour réduire à rien ce qu'elles sont» (1 Co 1, 28). pour cette raison, aucun des puissants et des sages de ce monde ne peut le reconnaître.
Pour trouver «où» est le Seigneur, nous devons regarder dans la direction dans laquelle il est. Et Lui, le «plus petit des frères», est parmi les petits. La raison nous fait chercher le Sauveur, la révélation dit où le trouver: la première dit qu'il existe, la seconde qui il est, donnant les premiers nouveaux critères d'évaluation, les mêmes que ceux de Dieu. Pour cette raison, l'étoile disparaît à Jérusalem - la raison d'un moment s'assombrit avant la révélation, comme les étoiles avant le soleil - mais réapparaît ensuite avec des indications plus précises. «Hérode, secrètement appelé les Mages, s'enquit…» Le roi de Judée est un ennemi du roi des Juifs. Il utilise pour ses plans à la fois la science «indifférente» des scribes et la sagesse «engagée» des mages. Le mal est utilisé pour tout, surtout pour le bien! Il peut toujours considérer les «indifférents» à son service, et faire des «engagés» ses alliés les plus dangereux, car ils ne le savent pas. Une connaissance qui n'aime pas est toujours «antéchrist», mais même un amour imprudent devient un instrument de Satan (Pierre 16, 21-23). Cependant, le Seigneur reste le seul Seigneur dans l'histoire et à la fin tout réalise son plan d'amour (Rom 8,28-Ac 4,27 - Ap 17,17). Hérode fait ses émissaires des mages, de bonne foi. Il veut les impliquer dans ses intrigues, sans qu'ils s'en aperçoivent. Jésus est le Roi des Juifs, le Christ, Lumière des Gentils, né pour tous à Bethlem de Judée. La lumière de la raison et de la révélation conduit à lui l'humanité, qui trouve sa vie en lui. L'Église, ainsi que les Juifs, est également composée de païens qui, comme les mages, font le chemin de la recherche jusqu'à ce qu'ils le trouvent, l'embrassent et lui ouvrent leur trésor. «Ils se sont beaucoup réjouis avec une grande joie» Dieu est Amour; il y a de la joie Son parfum, signe de présence. Là où il est, il y a de la joie; la tristesse est un signe de son absence. .
--->Il est communiqué à celui qui aime, à celui qui découvre le trésor (13,44), à celui qui rencontre le Vivant (28,8). la joie du cœur indique «où» est celui que vous cherchez: il est en vous. Ici, vous entrez enfin dans la maison et trouvez le roi. Le bébé vaut le détour. Où est l'enfant, sinon dans le cœur de celui qui l'aime, l'écoute et se réjouit en lui? Le voyage aller s'arrête; avec l'adoration commence l'intérieur. Trois fois on dit «adorer» l'Enfant, vous le trouvez si vous entrez dans la «maison», et il est toujours avec Sa Mère. Vous trouvez le Fils en Israël, en Marie, dans l'Église, dans les frères, en vous-même, si vous l'aimez et l'écoutez! Le trésor de Matthieu est le cœur de l'homme. Là où est votre trésor, là est votre cœur. Les mages ouvrent leur cœur et offrent ce qu'il contient. L'or, richesse visible, représente ce que l'on possède; l'encens, invisible comme Dieu, représente ce que l'on désire; la myrrhe, une pommade qui guérit les blessures et protège de la corruption, représente ce que l'on est. La royauté, la divinité, la mortalité propre à la créature, tout ce que l'homme a, mais surtout ce qu'il désire et ce qui lui manque, c'est son trésor. Il ouvre ses possessions, ses désirs et ses difficultés à Dieu. Et Dieu entre dans son trésor. C'est «là» que le Fils est généré par le Père. En donnant ce qu'ils sont, les mages reçoivent Celui qui est, et eux-mêmes deviennent comme Lui. Dieu est né dans l'homme et l'homme en Dieu, c'est ici que se déroule le voyage. Même les mages, comme Joseph, reçoivent le message de Dieu dans un rêve. Le rêve de Dieu influence l'histoire plus que la puissance de tout puissant, et il s'en moque. Ils retournent là où ils ont commencé. Mais "d'une autre manière". Non plus celui de celui qui cherche celui qui ne sait pas, mais celui de celui qui a trouvé Celui qui cherche. En fait, ils ne sont plus les mêmes qu'avant, ils ont trouvé «où» le roi est né. Le «où» de Dieu est le cœur de l'homme, et le «où» de l'homme est le cœur de Dieu Ils se sont retirés des «anachorètes», dit le texte grec, vers leur propre pays. Ils ont maintenant avec eux un nouveau ciel et une nouvelle terre, semence qu'ils emporteront partout où ils iront
7 commenti:
PREMIÈRE LECTURE
« La gloire du Seigneur s’est levée sur toi » (Is 60, 1-6)
Lecture du livre du prophète Isaïe
Debout, Jérusalem, resplendis !
Elle est venue, ta lumière,
et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi.
Voici que les ténèbres couvrent la terre,
et la nuée obscure couvre les peuples.
Mais sur toi se lève le Seigneur,
sur toi sa gloire apparaît.
Les nations marcheront vers ta lumière,
et les rois, vers la clarté de ton aurore.
Lève les yeux alentour, et regarde :
tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi ;
tes fils reviennent de loin,
et tes filles sont portées sur la hanche.
Alors tu verras, tu seras radieuse,
ton cœur frémira et se dilatera.
Les trésors d’au-delà des mers afflueront vers toi,
vers toi viendront les richesses des nations.
En grand nombre, des chameaux t’envahiront,
de jeunes chameaux de Madiane et d’Épha.
Tous les gens de Saba viendront,
apportant l’or et l’encens ;
ils annonceront les exploits du Seigneur.
– Parole du Seigneur.
PSAUME
71 (72)
R/ Toutes les nations, Seigneur,
se prosterneront devant toi. ( 71,11)
Dieu, donne au roi tes pouvoirs,
à ce fils de roi ta justice.
Qu’il gouverne ton peuple avec justice,
qu’il fasse droit aux malheureux !
En ces jours-là, fleurira la justice,
grande paix jusqu’à la fin des lunes !
Qu’il domine de la mer à la mer,
et du Fleuve jusqu’au bout de la terre !
Les rois de Tarsis et des Îles apporteront des présents.
Les rois de Saba et de Seba feront leur offrande.
Tous les rois se prosterneront devant lui,
tous les pays le serviront.
Il délivrera le pauvre qui appelle
et le malheureux sans recours.
Il aura souci du faible et du pauvre,
du pauvre dont il sauve la vie.
DEUXIÈME LECTURE
« Il est maintenant révélé que les nations sont associées au même héritage, au partage de la même promesse »
(Ep 3, 2-3a.5-6)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre
aux Éphésiens
Frères,
vous avez appris, je pense,
en quoi consiste la grâce que Dieu m’a donnée pour vous :
par révélation, il m’a fait connaître le mystère.
Ce mystère n’avait pas été porté à la connaissance
des hommes des générations passées,
comme il a été révélé maintenant
à ses saints Apôtres et aux prophètes,
dans l’Esprit.
Ce mystère,
c’est que toutes les nations sont associées au même héritage,
au même corps,
au partage de la même promesse,
dans le Christ Jésus,
par l’annonce de l’Évangile.
– Parole du Seigneur.
ÉVANGILE
Nous sommes venus d’Orient adorer le roi (Mt 2, 1-12)
Alléluia. Alléluia.
Nous avons vu son étoile à l’orient,
et nous sommes venus adorer le Seigneur.
Alléluia. (cf. Mt 2, 2)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
Jésus était né à Bethléem en Judée,
au temps du roi Hérode le Grand.
Or, voici que des mages venus d’Orient
arrivèrent à Jérusalem
et demandèrent :
« Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?
Nous avons vu son étoile à l’orient
et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé,
et tout Jérusalem avec lui.
Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple,
pour leur demander où devait naître le Christ.
Ils lui répondirent :
« À Bethléem en Judée,
car voici ce qui est écrit par le prophète :
Et toi, Bethléem, terre de Juda,
tu n’es certes pas le dernier
parmi les chefs-lieux de Juda,
car de toi sortira un chef,
qui sera le berger de mon peuple Israël. »
Alors Hérode convoqua les mages en secret
pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;
puis il les envoya à Bethléem, en leur disant :
« Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant.
Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer
pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
Après avoir entendu le roi, ils partirent.
Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient
les précédait,
jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit
où se trouvait l’enfant.
Quand ils virent l’étoile,
ils se réjouirent d’une très grande joie.
Ils entrèrent dans la maison,
ils virent l’enfant avec Marie sa mère ;
et, tombant à ses pieds,
ils se prosternèrent devant lui.
Ils ouvrirent leurs coffrets,
et lui offrirent leurs présents :
de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode,
ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
– Acclamons la Parole de Dieu.
HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS 6 janvier 2022
Les Mages sont en route vers Bethléem. Leur pèlerinage parle à nous aussi qui sommes appelés à marcher vers Jésus, parce que c’est lui l’étoile polaire qui illumine les cieux de la vie et qui oriente les pas vers la vraie joie. Mais d’où est parti le pèlerinage des Mages à la rencontre de Jésus ? Qu’est-ce qui a poussé ces hommes d’Orient à se mettre en route ?
Ils avaient de très bons alibis pour ne pas partir. Ils étaient savants et astrologues, ils avaient renommée et richesse. Ayant atteint une telle sécurité culturelle, sociale et économique, ils pouvaient se contenter de ce qu’ils savaient et de ce qu’ils avaient, rester tranquilles. Au contraire, ils se laissent inquiéter par une question et par un signe : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile… » (Mt 2, 2). Leur cœur ne se laisse pas engourdir dans l’antre de l’apathie, mais il est assoiffé de lumière ; il ne se traîne pas avec lassitude dans la paresse, mais est embrasé par la nostalgie de nouveaux horizons. Leurs yeux ne sont pas tournés vers la terre, mais ils sont des fenêtres ouvertes sur le ciel. Comme l’a affirmé Benoît XVI, ils étaient « des hommes au cœur inquiet. […] Des hommes en attente qui ne se contentaient pas de leur revenu assuré et de leur position sociale. […] Ils étaient des chercheurs de Dieu » (Homélie, 6 janvier 2013).
Cette saine inquiétude qui les a portés à partir en pèlerinage, d’où est-elle née ? Elle est née du désir. Voilà leur secret intérieur : savoir désirer. Méditons là-dessus. Désirer c’est garder vivant le feu qui brûle en nous et qui nous pousse à chercher au-delà de l’immédiat, au-delà du visible. Désirer c’est accueillir la vie comme un mystère qui nous dépasse, comme une fissure toujours ouverte qui invite à regarder au-delà, parce que la vie n’est pas “toute ici”, elle est aussi “ailleurs”. Elle est comme une toile blanche qui a besoin de recevoir des couleurs. Un grand peintre, Van Gogh, écrivait que le besoin de Dieu le poussait à sortir de nuit pour peindre les étoiles (cf. Lettre à Theo, 9 mai 1889). Oui, parce que Dieu nous a faits ainsi : pétris de désir ; tournés, comme les Mages, vers les étoiles. Nous pouvons dire sans exagérer que nous sommes ce que nous désirons. Parce que ce sont les désirs qui élargissent notre regard et poussent notre vie au-delà : au-delà des barrières de l’habitude, au-delà d’une vie focalisée sur la consommation, au-delà d’une foi répétitive et fatiguée, au-delà de la peur de nous impliquer et de nous engager pour les autres et pour le bien. « Notre vie – disait saint Augustin – est une gymnastique du désir » (Traités sur la première Lettre de Jean, IV, 6).
--->D’abord, ils partent au lever de l’étoile : ils nous enseignent qu’il faut toujours repartir chaque jour, dans la vie comme dans la foi, parce que la foi n’est pas une armure qui immobilise, mais un voyage fascinant, un mouvement continu et agité, toujours en recherche de Dieu, toujours en discernement sur le chemin.
Ensuite, les Mages, à Jérusalem, demandent. Ils demandent où se trouve l’Enfant. Ils nous enseignent que nous avons besoin d’interrogations, d’écouter avec attention les questions du cœur, de la conscience ; parce que c’est ainsi que, souvent, Dieu parle, qu’il s’adresse à nous plus avec des questions qu’avec des réponses. Et cela, nous devons bien le comprendre : Dieu s’adresse à nous plus par des questions que par des réponses. Mais laissons-nous inquiéter aussi par les interrogations des enfants, par les doutes, les espérances et par les désirs des personnes de notre temps. La voie c’est se laisser interroger.
Par ailleurs, les Mages défient Hérode. Ils nous enseignent que nous avons besoin d’une foi courageuse qui n’ait pas peur de défier les logiques obscures du pouvoir et qui devienne semence de justice et de fraternité dans une société où, encore aujourd’hui, beaucoup d’Hérode sèment la mort et massacrent des pauvres et des innocents, dans l’indifférence de beaucoup.Les Mages, enfin, retournent « par un autre chemin » (Mt 2, 12) : ils nous provoquent à parcourir de nouvelles routes. C’est la créativité de l’Esprit qui fait toute chose nouvelle. C’est aussi, en ce moment, l’un des devoirs du Synode que nous sommes en train de faire : marcher ensemble dans l’écoute, pour que l’Esprit nous suggère des voies nouvelles, des chemins pour apporter l’Évangile au cœur de celui qui est indifférent, loin, de celui qui a perdu l’espérance mais qui cherche ce que les Mages ont trouvé, « une très grande joie » (Mt 2, 10). Sortir au-delà, aller de l’avant.
Mais au point culminant du voyage des Mages il y a un moment crucial : lorsqu’ils arrivent à destination “ils se prosternent et adorent l’Enfant” (cf. v. 11). Ils adorent. Rappelons-nous ceci : le voyage de la foi trouve élan et accomplissement seulement en présence de Dieu. C’est seulement si nous retrouvons le goût de l’adoration que le désir se renouvelle. Le désir te porte à l’adoration et l’adoration te renouvelle le désir. Parce que le désir de Dieu grandit seulement devant Dieu. Parce que seul Jésus guérit les désirs. De quoi ? Il les guérit de la dictature des besoins. Le cœur, en effet, tombe malade lorsque les désirs coïncident seulement avec les besoins. Dieu, au contraire, élève les désirs ; les purifie, les soigne, en les guérissant de l’égoïsme et en nous ouvrant à l’amour pour lui et pour les frères. Par conséquent, n’oublions pas l’Adoration, la prière d’adoration, qui n’est pas si répandue parmi nous : adorer, en silence. Par conséquent, n’oublions pas l’adoration, s’il vous plait.
Et ainsi, chaque jour, nous aurons la certitude, comme les Mages, que même dans les nuits les plus obscures brille une étoile. C’est l’étoile du Seigneur qui vient prendre soin de notre fragile humanité. Mettons-nous en route vers lui. Ne donnons pas à l’apathie et à la résignation le pouvoir de nous clouer dans la tristesse d’une vie plate. Prenons l’inquiétude de l’Esprit !... des cœurs inquiets ! Le monde attend des croyants un élan renouvelé ver le Ciel. Comme les Mages, levons la tête, écoutons le désir du cœur, suivons l’étoile que Dieu fait resplendir au-dessus de nous. Comme des chercheurs inquiets, restons ouverts aux surprises de Dieu. Frères et sœurs, rêvons, cherchons, adorons.
FAUSTI - «Etre né»: le Dieu-qui-sauve est déjà là. Matthieu décrit comment trouver «où» il est né, pour que son Noël soit aussi le mien. C'est la ville de David. Luc raconte également comment, en raison du recensement, il est né à Bethléem. «Au temps du roi Hérode» Hérode est le grand roi despotique et dissolu. Il est le «roi de Judée», de la terre qu'il possède; ce n'est pas le «des juifs», des gens qui y vivent. Leur roi est le Christ, qui libère!
Dans ce conte, les mages sont vus en termes positifs. Ce ne sont pas des "magiciens", mais des sages qui suivent les directions de l'étoile. Regarder les étoiles, s'émerveiller de l'immensité du ciel et essayer de le comprendre, scruter son rythme et son harmonie est le début de la connaissance humaine. Le ciel règne sur la terre: il marque la succession des saisons, des mois, des jours et des heures, détermine son travail et son repos, les semailles et les récoltes, se sépare et se retrouve, pleure et fête.
Mesurer le temps est la première science de l'homme, conscient que le temps dont il dispose est limité.
Les mages ne se contentent pas d'observer les étoiles telles qu'elles apparaissent, persistent et disparaissent: pour eux, la science n'est pas seulement l'observation de ce qui est là, mais aussi se demander ce que cela signifie.
Où est né le Seigneur, que je dois et souhaite trouver maintenant? La sagesse, reflet de la lumière incréée, guide les mages à Jérusalem: il y a le centre du peuple dépositaire de la promesse et de l'Écriture.
La raison, en cherchant le salut, s'ouvre à la révélation là où elle est donnée.
C'est en Israël que se trouve le Christ, pour tous et pour toujours. Perdre cette racine, c'est perdre le fruit.
La première tentation est de s'ouvrir à Dieu, mais en niant «l'histoire» dans laquelle il se révèle et agit, réduisant tout à une idéologie et un symbole, sans son contenu. C'est ce que font les diverses Lumières et moralismes anciens et récents, comme le Nouvel Âge. Quiconque ne reconnaît pas Jésus «dans la chair» n'a pas l'Esprit de Dieu (1 Jn4,2); il est simplement trompé. Se détacher d'Israël, ancien et nouveau, de Marie et de l'Église, c'est perdre «l'Évangile»: la chair de Dieu-avec-nous.
Comme en Judée, donc dans tous les coins de la terre, il y a deux manières opposées d'être roi: l'une puissante, qui opprime, l'autre humble, qui sauve. Les deux se tiennent ensemble comme l'obscurité et la lumière. Les mages recherchent le roi des Juifs, pas le roi de Judée. Quel roi et quel homme, quel Dieu et quel salut cherchons-nous?
À l'époque de Jésus, il y avait une conjonction entre Jupiter et Saturne, l'étoile du sabbat, la fête des Juifs. La comète de Halley est également apparue. Quel que soit le signe, c'est une "étoile théologique".
«L'adorer»: adorer est le désir qui fait bouger chaque chemin depuis le début, la fin de toute compréhension et action. Adorer, c'est porter à la bouche, embrasser, en communion d'amour et de souffle.
--->Ce que les mages font ici, les apôtres le feront à la fin.
Hérode et tout Jérusalem écoutent la question et la recherche des peuples qui se tournent vers eux. Le trouble général est la surprise de ceux qui doivent décider quel roi ils veulent: si Hérode, égal à ce que chacun a, ou ce que Dieu a promis.
L'autorité politique convoque les autorités religieuses et intellectuelles pour savoir «où» ce roi est né.
Ils ont la bonne réponse. Ils déplacent leurs yeux vers les Écritures, mais ceux-ci ne déplacent pas leurs pieds vers le Seigneur. Ils connaissent la vérité, mais ils s'en éloignent. Combien de fois la connaissance sert-elle à se défendre de ce que l'on sait! Ils devraient «sortir» pour rencontrer le Seigneur. Quiconque ne sort pas à sa rencontre devient avec sa connaissance complice de ceux qui tuent.
«Vous n'êtes pas le plus petit» Le plus petit, le moindre, est le critère du choix de Dieu, opposé à celui d'Hérode et de tout homme. Dieu choisit Israël comme son peuple parce que c'est le plus petit des peuples.
Il choisit donc David comme roi, le plus jeune de ses frères (1Sam 16:11). Dieu choisit les choses qui ne sont pas «pour réduire à rien ce qu'elles sont» (1 Co 1, 28). pour cette raison, aucun des puissants et des sages de ce monde ne peut le reconnaître.
Pour trouver «où» est le Seigneur, nous devons regarder dans la direction dans laquelle il est. Et Lui, le «plus petit des frères», est parmi les petits. La raison nous fait chercher le Sauveur, la révélation dit où le trouver: la première dit qu'il existe, la seconde qui il est, donnant les premiers nouveaux critères d'évaluation, les mêmes que ceux de Dieu.
Pour cette raison, l'étoile disparaît à Jérusalem - la raison d'un moment s'assombrit avant la révélation, comme les étoiles avant le soleil - mais réapparaît ensuite avec des indications plus précises. «Hérode, secrètement appelé les Mages, s'enquit…» Le roi de Judée est un ennemi du roi des Juifs. Il utilise pour ses plans à la fois la science «indifférente» des scribes et la sagesse «engagée» des mages. Le mal est utilisé pour tout, surtout pour le bien!
Il peut toujours considérer les «indifférents» à son service, et faire des «engagés» ses alliés les plus dangereux, car ils ne le savent pas. Une connaissance qui n'aime pas est toujours «antéchrist», mais même un amour imprudent devient un instrument de Satan (Pierre 16, 21-23). Cependant, le Seigneur reste le seul Seigneur dans l'histoire et à la fin tout réalise son plan d'amour (Rom 8,28-Ac 4,27 - Ap 17,17).
Hérode fait ses émissaires des mages, de bonne foi. Il veut les impliquer dans ses intrigues, sans qu'ils s'en aperçoivent.
Jésus est le Roi des Juifs, le Christ, Lumière des Gentils, né pour tous à Bethlem de Judée. La lumière de la raison et de la révélation conduit à lui l'humanité, qui trouve sa vie en lui.
L'Église, ainsi que les Juifs, est également composée de païens qui, comme les mages, font le chemin de la recherche jusqu'à ce qu'ils le trouvent, l'embrassent et lui ouvrent leur trésor.
«Ils se sont beaucoup réjouis avec une grande joie» Dieu est Amour; il y a de la joie Son parfum, signe de présence. Là où il est, il y a de la joie; la tristesse est un signe de son absence.
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--->Il est communiqué à celui qui aime, à celui qui découvre le trésor (13,44), à celui qui rencontre le Vivant (28,8). la joie du cœur indique «où» est celui que vous cherchez: il est en vous. Ici, vous entrez enfin dans la maison et trouvez le roi. Le bébé vaut le détour.
Où est l'enfant, sinon dans le cœur de celui qui l'aime, l'écoute et se réjouit en lui? Le voyage aller s'arrête; avec l'adoration commence l'intérieur. Trois fois on dit «adorer»
l'Enfant, vous le trouvez si vous entrez dans la «maison», et il est toujours avec Sa Mère.
Vous trouvez le Fils en Israël, en Marie, dans l'Église, dans les frères, en vous-même, si vous l'aimez et l'écoutez!
Le trésor de Matthieu est le cœur de l'homme. Là où est votre trésor, là est votre cœur.
Les mages ouvrent leur cœur et offrent ce qu'il contient.
L'or, richesse visible, représente ce que l'on possède; l'encens, invisible comme Dieu, représente ce que l'on désire; la myrrhe, une pommade qui guérit les blessures et protège de la corruption, représente ce que l'on est.
La royauté, la divinité, la mortalité propre à la créature, tout ce que l'homme a, mais surtout ce qu'il désire et ce qui lui manque, c'est son trésor. Il ouvre ses possessions, ses désirs et ses difficultés à Dieu. Et Dieu entre dans son trésor.
C'est «là» que le Fils est généré par le Père.
En donnant ce qu'ils sont, les mages reçoivent Celui qui est, et eux-mêmes deviennent comme Lui.
Dieu est né dans l'homme et l'homme en Dieu, c'est ici que se déroule le voyage.
Même les mages, comme Joseph, reçoivent le message de Dieu dans un rêve. Le rêve de Dieu influence l'histoire plus que la puissance de tout puissant, et il s'en moque.
Ils retournent là où ils ont commencé. Mais "d'une autre manière".
Non plus celui de celui qui cherche celui qui ne sait pas, mais celui de celui qui a trouvé Celui qui cherche.
En fait, ils ne sont plus les mêmes qu'avant, ils ont trouvé «où» le roi est né.
Le «où» de Dieu est le cœur de l'homme, et le «où» de l'homme est le cœur de Dieu
Ils se sont retirés des «anachorètes», dit le texte grec, vers leur propre pays.
Ils ont maintenant avec eux un nouveau ciel et une nouvelle terre, semence qu'ils emporteront partout où ils iront
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