1 Lect. Livre d'Ézéchiel 2,2-5. En ces jours-là, l’esprit vint en moi et me fit tenir debout. J’écoutai celui qui me parlait. Il me dit : « Fils d’homme, je t’envoie vers les fils d’Israël, vers une nation rebelle qui s’est révoltée contre moi. Jusqu’à ce jour, eux et leurs pères se sont soulevés contre moi. Les fils ont le visage dur, et le cœur obstiné ; c’est à eux que je t’envoie. Tu leur diras : “Ainsi parle le Seigneur Dieu...” Alors, qu’ils écoutent ou qu’ils n’écoutent pas – c’est une engeance de rebelles ! – ils sauront qu’il y a un prophète au milieu d’eux.
Psaume 123(122) 1b-2ab.2cdef.3-4
Vers toi j'ai les yeux levés, vers toi qui es au ciel. comme les yeux de l'esclave vers la main de son maître.
Comme les yeux de la servante vers la main de sa maîtresse, nos yeux, levés vers le Seigneur notre Dieu, attendent sa pitié.
Pitié pour nous, Seigneur, pitié pour nous : notre âme est rassasiée de mépris. C'en est trop, nous sommes rassasiés du rire des satisfaits, du mépris des orgueilleux !
Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 12,7-10
Frères, les révélations que j’ai reçues sont tellement extraordinaires que, pour m’empêcher de me surestimer, j’ai reçu dans ma chair une écharde, un envoyé de Satan qui est là pour me gifler, pour empêcher que je me surestime. Par trois fois, j’ai prié le Seigneur de l’écarter de moi. Mais il m’a déclaré : « Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » C’est donc très volontiers que je mettrai plutôt ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure. C’est pourquoi j’accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,1-6. En ce temps-là, Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et ses disciples le suivirent. Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet. Jésus leur disait : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. » Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains. Et il s’étonna de leur manque de foi. Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.
L’Evangile de ce dimanche (Mc 6,1-6) que nous lisons dans la liturgie nous raconte l’incrédulité des compatriotes de Jésus. Après avoir prêché dans d’autres villages de Galilée, il repasse par Nazareth, où il avait grandi avec Marie et Joseph ; et, un samedi, il se met à enseigner dans la synagogue. Beaucoup, en l’écoutant, se demandent : « Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée… N’est-il pas le fils du charpentier et de Marie, c’est-à-dire de nos voisins, que nous connaissons bien ? » (cf. vv. 1-3). Face à cette réaction, Jésus affirme une vérité qui est devenue une sagesse populaire : « Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, sa parenté et sa maison » (v. 4). Nous le disons souvent.
Arrêtons-nous sur l’attitude des compatriotes de Jésus. Nous pourrions dire qu’ils connaissent Jésus, mais ne le reconnaissent pas. Il y a une différence entre connaître et reconnaître. En effet, cette différence nous fait comprendre que nous pouvons connaître différentes choses sur une personne, nous en faire une idée, nous fier à ce qu’en disent les autres, peut-être la rencontrer parfois dans le quartier, mais tout cela ne suffit pas. Il s’agit d’une connaissance je dirais ordinaire, superficielle, qui ne reconnaît pas le caractère unique de cette personne. C’est un risque que nous courons tous : nous pensons savoir beaucoup de choses d’une personne, et le pire, c’est que nous l’étiquetons et nous l’enfermons dans nos préjugés. De la même façon, les compatriotes de Jésus le connaissent depuis trente ans et pensent tout savoir! « Mais n’est-il pas le garçon que nous avons vu grandir, le fils du charpentier et de Marie ? Mais d’où lui viennent ces choses ? ». La méfiance. En réalité, ils n’ont jamais réalisé qui est vraiment Jésus. Ils s’arrêtent à l’aspect extérieur et refusent la nouveauté de Jésus.
Et ici, nous entrons au cœur du problème : quand nous faisons prévaloir le confort de l’habitude et la dictature des préjugés, il est difficile de s’ouvrir à la nouveauté et de se laisser étonner. Nous contrôlons, par habitude, avec nos préjugés. Souvent, dans la vie, dans les expériences et même dans les personnes, nous cherchons finalement des confirmations de nos idées et de nos schémas, pour ne jamais devoir faire l’effort de changer. Et cela peut nous arriver aussi avec Dieu, précisément à nous croyants, qui pensons connaître Jésus, connaître déjà beaucoup de Lui, et qu’il suffit de répéter les choses de toujours. Et cela ne suffit pas, avec Dieu. Mais sans ouverture à la nouveauté et surtout – écoutez bien – ouverture aux surprises de Dieu, sans émerveillement, la foi devient une litanie lasse qui s’éteint lentement et qui devient une habitude, une habitude sociale. J’ai dit un mot : l’émerveillement. Qu’est-ce que l’émerveillement ? L’émerveillement est précisément ce qui arrive dans la rencontre avec Dieu : « J’ai rencontré le Seigneur ». Lisons l’Evangile : souvent, les personnes qui rencontrent Jésus et le reconnaissent, ressentent l’émerveillement. Et nous, dans la rencontre avec Dieu, nous devons emprunter ce chemin : sentir l’émerveillement. C’est comme le certificat de garantie que cette rencontre est vraie, qu’elle n’est pas routinière.
--->A la fin, pourquoi les compatriotes de Jésus ne le reconnaissent-ils pas et ne croient pas en Lui ? Pourquoi ? Quel est le motif ? Nous pouvons dire, en quelques mots, qu’ils n’acceptent pas le scandale de l’Incarnation. Ils ne connaissent pas ce mystère de l’Incarnation, mais ils n’acceptent pas le mystère. Ils ne le savent pas, mais le motif est inconscient, et ils sentent qu’il est scandaleux que l’immensité de Dieu se révèle dans la petitesse de notre chair, que le Fils de Dieu soit le fils du charpentier, que la divinité se cache dans l’humanité, que Dieu habite dans le visage, dans les paroles, dans les gestes d’un homme simple. Voilà le scandale : l’incarnation de Dieu, le fait qu’il soit concret, sa « quotidienneté ». Et Dieu s’est fait concret dans un homme, Jésus de Nazareth, il s’est fait compagnon de route, il s’est fait l’un de nous. « Tu es l’un de nous » : le dire à Jésus, c’est une belle prière ! Et parce qu’il est l’un de nous, il nous comprend, il nous accompagne, il nous pardonne, il nous aime tant. En réalité, il est plus commode d’avoir un dieu abstrait, distant, qui ne s’immisce pas dans les situations et qui accepte une foi éloignée de la vie, des problèmes, de la société. Ou bien nous aimons croire à un dieu « à effets spéciaux », qui ne fait que des choses exceptionnelles et qui donne toujours de grandes émotions. Au contraire, chers frères et sœurs, Dieu s’est incarné : Dieu est humble, Dieu est tendre, Dieu est caché, il se fait proche de nous en habitant la normalité de notre vie quotidienne. Et alors, comme les compatriotes de Jésus, nous risquons de ne pas le reconnaître quand il passe. Je redis cette belle phrase de saint Augustin : « J’ai peur de Dieu, du Seigneur, quand il passe ». Mais Augustin, pourquoi as-tu peur ? « J’ai peur de ne pas le reconnaître. J’ai peur du Seigneur quand il passe. Timeo Dominum transeuntem ». Nous ne le reconnaissons pas, nous nous scandalisons de Lui. Demandons-nous comment est notre cœur par rapport à cette réalité.
A présent, dans la prière, demandons à la Vierge Marie, qui a accueilli le mystère de Dieu dans la vie quotidienne de Nazareth, d’avoir les yeux et le cœur libérés des préjugés et les yeux ouverts à l’émerveillement : « Seigneur, que je te rencontre ! ». Et quand nous rencontrons le Seigneur, il y a cet émerveillement. Nous le rencontrons dans la normalité : les yeux ouverts aux surprises de Dieu, à sa présence humble et cachée dans la vie de chaque jour.
S. FAUSTI - "Et il s'étonnait de leur incrédulité" Les siens s'étonnent de Jésus, et sont scandalisés que la Sagesse et l'Action de Dieu se trouvent dans "cet" homme qu'ils connaissent si bien. Lui, à son tour, s'étonne : venu parmi les siens, il n'est pas accueilli ! Avec Jésus, nous sommes confrontés au scandale d'un Dieu fait chair, soumis à la loi du labeur et des besoins humains, du travail et de la nourriture, de la veille et du sommeil, de la vie et de la mort. Nous aimerions qu'il soit différent. Nous aimons partager les prérogatives qui sont les siennes : nous aimerions moins qu'il partage les nôtres, dont nous nous passerions volontiers. Mais "sa chair" est le centre de la foi chrétienne. La reconnaître ou non, c'est être de Dieu ou non (1 Jn 4:2). Dans son humanité, dans ce qu'il fait et dit, dans ce que nous faisons et subissons, dans son histoire concrète, fruit mûr de l'itinéraire d'Israël, Dieu se révèle et se donne définitivement. En elle, il touche tout homme et en elle jaillissent sa Sagesse et sa Puissance salvatrice. Comme une veine profonde d'eau éternelle jaillit de la source, ainsi Dieu sort de lui-même et se communique à tous par l'intermédiaire de l'homme Jésus de Nazareth. Nous disons . "Si je le voyais, si je le touchais, je le croirais", rien n'est plus faux ! Les siens l'ont rejeté précisément parce qu'ils l'ont vu et touché, voire écrasé. Nous avons toujours la possibilité d'en inventer une qui corresponde à nos fantasmes.
--->La foi ne consiste pas à accepter que Jésus soit Dieu - le Dieu que nous pensons !" - mais à accepter que Dieu, le Dieu que nous ne pensions pas, soit cet homme Jésus. Ce Dieu que personne n'a jamais vu, il nous l'a révélé (Jn 1,18). Le scandale de la foi, qui est le même pour tous, est le fait que la Sagesse et la Puissance de Dieu parlent et agissent dans la folie et l'impuissance d'un amour fait chair, qui embrasse toutes nos limites, jusqu'à l'extrême faiblesse de la croix. Car "il a été crucifié pour sa faiblesse" (2 Corinthiens 13:4). Comment les merveilles de Dieu peuvent-elles être accomplies par ses mains qui travaillent et qui, le jour du sabbat, sont certainement aussi fatiguées que les nôtres ? Tel est le scandale de la foi chrétienne : en l'homme Jésus, en tout semblable à nous, habite corporellement toute la plénitude de la divinité (Col 2,9). "C'est le constat amer du rejet d'Israël, derrière lequel se profile celui de l'humanité. La foi, c'est l'accepter comme mon Dieu et mon Seigneur. C'est un contact qui libère l'énergie de Lui. Il est la Vie. Celui qui a les mains ouvertes reçoit le don sans autre mesure que son besoin. L'incrédulité est la main fermée de ceux qui, comme la sienne, avancent des droits et des revendications. Le Seigneur, qui s'étonne de notre non-foi, s'étonne aussi de notre foi (Mt 8,10). L'usage que nous faisons de notre liberté est pour lui quelque chose de nouveau, une source d'étonnement. Notre foi ou notre non-foi est la seule chose qui puisse étonner Dieu, car elle dépend de nous. Il s'étonne qu'elle soit là et dit : "C'est bien, je ne m'y attendais pas ! Il s'étonne de son absence et dit . "Que puis-je faire de plus ?
FONTANA - Jésus arrive à Nazareth, la ville où il a grandi. Sa renommée de prédicateur itinérant recherché par les foules et de faiseur de miracles le précède. Le jour du sabbat, il assiste au culte dans la synagogue et c'est là qu'"il se mit à enseigner". L'effet sur l'auditoire : "Beaucoup furent frappés de stupeur". L'épisode s'ouvre et se clôt sur l'étonnement. Dans les Évangiles, l'étonnement est généralement le sentiment éprouvé par ceux qui ont été témoins d'un miracle accompli par Jésus, et il débouche presque toujours sur une louange à Dieu. Ici, à Nazareth, l'étonnement commence bien. Face à la sagesse de leur compatriote qui n'a pas fréquenté les écoles des rabbins, ils demandent : "Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée ?". "Donnée" par Dieu, s'entend. Leur question semble donc aller dans le bon sens. Mais une fois qu'ils ont saisi la vérité, ils ne continuent pas vers elle : "N'est-ce pas le charpentier ? C'est la question fondamentale qui traverse tout l'évangile de Marc. L'intention L'intention de l'évangéliste est précisément de nous amener à trouver la vraie réponse à la question concernant la personne de Jésus : Qui est Jésus ? Quiconque entre en contact avec lui d'une manière ou d'une autre ressent invariablement la question de son identité. Souvent, cependant, la question n'est pas maintenue ouverte dans une attitude de recherche et de réflexion sérieuse.
-->Les miracles ne sont pas des gestes extraordinaires destinés à impressionner les gens et à les forcer à adhérer à Jésus. Ils ne "produisent" pas la foi. Le miracle est toujours une réponse à la foi. Il ne peut être "lu" qu'à la lumière de la foi et est un appel à la foi : un appel au cœur. C'est pourquoi Jésus ne fait pas de miracle, mais guérit seulement quelques malades, dans la mesure de leur foi.Et il s'étonnait de leur incrédulité". Jésus ressent un profond malaise et un regret, il est "déconcerté". Il est déçu et aigri par la fausse religiosité de ceux qui prétendent que Dieu ne se manifeste que dans la puissance et le triomphe, alors qu'ils n'acceptent pas qu'il intervienne dans la pauvreté et la simplicité. Au contraire, avec l'Incarnation, Dieu pénètre l'humanité jusqu'à l'extrême limite, à travers un "charpentier", un homme qui souffre et meurt de façon ignominieuse. Quelle grâce ce jour-là pour les habitants de Nazareth, lorsque dans leur synagogue ils ont reçu la visite de Jésus et ont entendu sa parole ! Quelle occasion ! Une grâce, une occasion qui se répète pour nous, surtout lorsque nous sommes réunis pour la célébration de l'Eucharistie et que Jésus est au milieu de nous. Mais ils ne l'ont pas pris au sérieux : l'étonnement, au lieu de se transformer en gratitude et en louange, s'est transformé en incrédulité. Même dans nos paroisses, comme dans la vie des gens, Jésus aurait un grand désir de faire des miracles, de nous transformer. Mais il ne le peut pas, parce que nous ne prenons pas au sérieux sa parole, ses sacrements, nous ne prenons pas au sérieux le don qu'il nous prépare chaque dimanche. C'est pourquoi la vie reste souvent aplatie et n'explose pas. Il ne suffisait pas aux Nazaréens de connaître Jésus, d'être physiquement proches et familiers avec lui pour reconnaître son mystère. Nous aussi, nous pouvons nous laisser jouer par la fausse présomption d'être familiers avec Jésus, de tout savoir sur lui, mais d'être incapables d'aller au-delà de nos propres schémas pour exciper de son mystère.Et il s'étonnait de leur incrédulité". Jésus ressent un profond malaise et un regret, il est "déconcerté". Il est déçu et aigri par la fausse religiosité de ceux qui prétendent que Dieu ne se manifeste que dans la puissance et le triomphe, alors qu'ils n'acceptent pas qu'il intervienne dans la pauvreté et la simplicité. Au contraire, avec l'Incarnation, Dieu pénètre l'humanité jusqu'à l'extrême limite, à travers un "charpentier", un homme qui souffre et meurt de façon ignominieuse. Quelle grâce ce jour-là pour les habitants de Nazareth, lorsque dans leur synagogue ils ont reçu la visite de Jésus et ont entendu sa parole ! Quelle occasion ! Une grâce, une occasion qui se répète pour nous, surtout lorsque nous sommes réunis pour la célébration de l'Eucharistie et que Jésus est au milieu de nous. Mais ils ne l'ont pas pris au sérieux : l'étonnement, au lieu de se transformer en gratitude et en louange, s'est transformé en incrédulité.
8 commenti:
1 Lect.
Livre d'Ézéchiel
2,2-5.
En ces jours-là, l’esprit vint en moi et me fit tenir debout. J’écoutai celui qui me parlait.
Il me dit : « Fils d’homme, je t’envoie vers les fils d’Israël, vers une nation rebelle qui s’est révoltée contre moi. Jusqu’à ce jour, eux et leurs pères se sont soulevés contre moi.
Les fils ont le visage dur, et le cœur obstiné ; c’est à eux que je t’envoie. Tu leur diras : “Ainsi parle le Seigneur Dieu...”
Alors, qu’ils écoutent ou qu’ils n’écoutent pas – c’est une engeance de rebelles ! – ils sauront qu’il y a un prophète au milieu d’eux.
Psaume 123(122)
1b-2ab.2cdef.3-4
Vers toi j'ai les yeux levés,
vers toi qui es au ciel.
comme les yeux de l'esclave
vers la main de son maître.
Comme les yeux de la servante
vers la main de sa maîtresse,
nos yeux, levés vers le Seigneur notre Dieu,
attendent sa pitié.
Pitié pour nous, Seigneur, pitié pour nous :
notre âme est rassasiée de mépris.
C'en est trop, nous sommes rassasiés
du rire des satisfaits,
du mépris des orgueilleux !
Deuxième lettre de saint Paul Apôtre
aux Corinthiens 12,7-10
Frères,
les révélations que j’ai reçues sont tellement extraordinaires que, pour m’empêcher de me surestimer, j’ai reçu dans ma chair une écharde, un envoyé de Satan qui est là pour me gifler, pour empêcher que je me surestime.
Par trois fois, j’ai prié le Seigneur de l’écarter de moi.
Mais il m’a déclaré : « Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » C’est donc très volontiers que je mettrai plutôt ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure.
C’est pourquoi j’accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort.
Évangile de Jésus-Christ
selon saint Marc
6,1-6.
En ce temps-là, Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et ses disciples le suivirent.
Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?
N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet.
Jésus leur disait : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. »
Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains.
Et il s’étonna de leur manque de foi. Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.
PAPE FRANÇOIS
ANGÉLUS 4 juillet 2021
Chers frères et sœurs, bonjour !
L’Evangile de ce dimanche (Mc 6,1-6) que nous lisons dans la liturgie nous raconte l’incrédulité des compatriotes de Jésus. Après avoir prêché dans d’autres villages de Galilée, il repasse par Nazareth, où il avait grandi avec Marie et Joseph ; et, un samedi, il se met à enseigner dans la synagogue. Beaucoup, en l’écoutant, se demandent : « Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée… N’est-il pas le fils du charpentier et de Marie, c’est-à-dire de nos voisins, que nous connaissons bien ? » (cf. vv. 1-3). Face à cette réaction, Jésus affirme une vérité qui est devenue une sagesse populaire : « Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, sa parenté et sa maison » (v. 4). Nous le disons souvent.
Arrêtons-nous sur l’attitude des compatriotes de Jésus. Nous pourrions dire qu’ils connaissent Jésus, mais ne le reconnaissent pas. Il y a une différence entre connaître et reconnaître. En effet, cette différence nous fait comprendre que nous pouvons connaître différentes choses sur une personne, nous en faire une idée, nous fier à ce qu’en disent les autres, peut-être la rencontrer parfois dans le quartier, mais tout cela ne suffit pas. Il s’agit d’une connaissance je dirais ordinaire, superficielle, qui ne reconnaît pas le caractère unique de cette personne. C’est un risque que nous courons tous : nous pensons savoir beaucoup de choses d’une personne, et le pire, c’est que nous l’étiquetons et nous l’enfermons dans nos préjugés. De la même façon, les compatriotes de Jésus le connaissent depuis trente ans et pensent tout savoir! « Mais n’est-il pas le garçon que nous avons vu grandir, le fils du charpentier et de Marie ? Mais d’où lui viennent ces choses ? ». La méfiance. En réalité, ils n’ont jamais réalisé qui est vraiment Jésus. Ils s’arrêtent à l’aspect extérieur et refusent la nouveauté de Jésus.
Et ici, nous entrons au cœur du problème : quand nous faisons prévaloir le confort de l’habitude et la dictature des préjugés, il est difficile de s’ouvrir à la nouveauté et de se laisser étonner. Nous contrôlons, par habitude, avec nos préjugés. Souvent, dans la vie, dans les expériences et même dans les personnes, nous cherchons finalement des confirmations de nos idées et de nos schémas, pour ne jamais devoir faire l’effort de changer. Et cela peut nous arriver aussi avec Dieu, précisément à nous croyants, qui pensons connaître Jésus, connaître déjà beaucoup de Lui, et qu’il suffit de répéter les choses de toujours. Et cela ne suffit pas, avec Dieu. Mais sans ouverture à la nouveauté et surtout – écoutez bien – ouverture aux surprises de Dieu, sans émerveillement, la foi devient une litanie lasse qui s’éteint lentement et qui devient une habitude, une habitude sociale. J’ai dit un mot : l’émerveillement. Qu’est-ce que l’émerveillement ? L’émerveillement est précisément ce qui arrive dans la rencontre avec Dieu : « J’ai rencontré le Seigneur ». Lisons l’Evangile : souvent, les personnes qui rencontrent Jésus et le reconnaissent, ressentent l’émerveillement. Et nous, dans la rencontre avec Dieu, nous devons emprunter ce chemin : sentir l’émerveillement. C’est comme le certificat de garantie que cette rencontre est vraie, qu’elle n’est pas routinière.
--->A la fin, pourquoi les compatriotes de Jésus ne le reconnaissent-ils pas et ne croient pas en Lui ? Pourquoi ? Quel est le motif ? Nous pouvons dire, en quelques mots, qu’ils n’acceptent pas le scandale de l’Incarnation. Ils ne connaissent pas ce mystère de l’Incarnation, mais ils n’acceptent pas le mystère. Ils ne le savent pas, mais le motif est inconscient, et ils sentent qu’il est scandaleux que l’immensité de Dieu se révèle dans la petitesse de notre chair, que le Fils de Dieu soit le fils du charpentier, que la divinité se cache dans l’humanité, que Dieu habite dans le visage, dans les paroles, dans les gestes d’un homme simple. Voilà le scandale : l’incarnation de Dieu, le fait qu’il soit concret, sa « quotidienneté ». Et Dieu s’est fait concret dans un homme, Jésus de Nazareth, il s’est fait compagnon de route, il s’est fait l’un de nous. « Tu es l’un de nous » : le dire à Jésus, c’est une belle prière ! Et parce qu’il est l’un de nous, il nous comprend, il nous accompagne, il nous pardonne, il nous aime tant. En réalité, il est plus commode d’avoir un dieu abstrait, distant, qui ne s’immisce pas dans les situations et qui accepte une foi éloignée de la vie, des problèmes, de la société. Ou bien nous aimons croire à un dieu « à effets spéciaux », qui ne fait que des choses exceptionnelles et qui donne toujours de grandes émotions. Au contraire, chers frères et sœurs, Dieu s’est incarné : Dieu est humble, Dieu est tendre, Dieu est caché, il se fait proche de nous en habitant la normalité de notre vie quotidienne. Et alors, comme les compatriotes de Jésus, nous risquons de ne pas le reconnaître quand il passe. Je redis cette belle phrase de saint Augustin : « J’ai peur de Dieu, du Seigneur, quand il passe ». Mais Augustin, pourquoi as-tu peur ? « J’ai peur de ne pas le reconnaître. J’ai peur du Seigneur quand il passe. Timeo Dominum transeuntem ». Nous ne le reconnaissons pas, nous nous scandalisons de Lui. Demandons-nous comment est notre cœur par rapport à cette réalité.
A présent, dans la prière, demandons à la Vierge Marie, qui a accueilli le mystère de Dieu dans la vie quotidienne de Nazareth, d’avoir les yeux et le cœur libérés des préjugés et les yeux ouverts à l’émerveillement : « Seigneur, que je te rencontre ! ». Et quand nous rencontrons le Seigneur, il y a cet émerveillement. Nous le rencontrons dans la normalité : les yeux ouverts aux surprises de Dieu, à sa présence humble et cachée dans la vie de chaque jour.
S. FAUSTI - "Et il s'étonnait de leur incrédulité" Les siens s'étonnent de Jésus, et sont scandalisés que la Sagesse et l'Action de Dieu se trouvent dans "cet" homme qu'ils connaissent si bien.
Lui, à son tour, s'étonne : venu parmi les siens, il n'est pas accueilli !
Avec Jésus, nous sommes confrontés au scandale d'un Dieu fait chair, soumis à la loi du labeur et des besoins humains, du travail et de la nourriture, de la veille et du sommeil, de la vie et de la mort.
Nous aimerions qu'il soit différent.
Nous aimons partager les prérogatives qui sont les siennes : nous aimerions moins qu'il partage les nôtres, dont nous nous passerions volontiers.
Mais "sa chair" est le centre de la foi chrétienne. La reconnaître ou non, c'est être de Dieu ou non (1 Jn 4:2).
Dans son humanité, dans ce qu'il fait et dit, dans ce que nous faisons et subissons, dans son histoire concrète, fruit mûr de l'itinéraire d'Israël, Dieu se révèle et se donne définitivement.
En elle, il touche tout homme et en elle jaillissent sa Sagesse et sa Puissance salvatrice.
Comme une veine profonde d'eau éternelle jaillit de la source, ainsi Dieu sort de lui-même et se communique à tous par l'intermédiaire de l'homme Jésus de Nazareth.
Nous disons . "Si je le voyais, si je le touchais, je le croirais", rien n'est plus faux ! Les siens l'ont rejeté précisément parce qu'ils l'ont vu et touché, voire écrasé.
Nous avons toujours la possibilité d'en inventer une qui corresponde à nos fantasmes.
--->La foi ne consiste pas à accepter que Jésus soit Dieu - le Dieu que nous pensons !" - mais à accepter que Dieu, le Dieu que nous ne pensions pas, soit cet homme Jésus.
Ce Dieu que personne n'a jamais vu, il nous l'a révélé (Jn 1,18).
Le scandale de la foi, qui est le même pour tous, est le fait que la Sagesse et la Puissance de Dieu parlent et agissent dans la folie et l'impuissance d'un amour fait chair, qui embrasse toutes nos limites, jusqu'à l'extrême faiblesse de la croix. Car "il a été crucifié pour sa faiblesse" (2 Corinthiens 13:4).
Comment les merveilles de Dieu peuvent-elles être accomplies par ses mains qui travaillent et qui, le jour du sabbat, sont certainement aussi fatiguées que les nôtres ? Tel est le scandale de la foi chrétienne : en l'homme Jésus, en tout semblable à nous, habite corporellement toute la plénitude de la divinité (Col 2,9).
"C'est le constat amer du rejet d'Israël, derrière lequel se profile celui de l'humanité.
La foi, c'est l'accepter comme mon Dieu et mon Seigneur. C'est un contact qui libère l'énergie de Lui. Il est la Vie. Celui qui a les mains ouvertes reçoit le don sans autre mesure que son besoin.
L'incrédulité est la main fermée de ceux qui, comme la sienne, avancent des droits et des revendications.
Le Seigneur, qui s'étonne de notre non-foi, s'étonne aussi de notre foi (Mt 8,10). L'usage que nous faisons de notre liberté est pour lui quelque chose de nouveau, une source d'étonnement.
Notre foi ou notre non-foi est la seule chose qui puisse étonner Dieu, car elle dépend de nous.
Il s'étonne qu'elle soit là et dit : "C'est bien, je ne m'y attendais pas ! Il s'étonne de son absence et dit . "Que puis-je faire de plus ?
FONTANA - Jésus arrive à Nazareth, la ville où il a grandi. Sa renommée de prédicateur itinérant recherché par les foules et de faiseur de miracles le précède. Le jour du sabbat, il assiste au culte dans la synagogue et c'est là qu'"il se mit à enseigner".
L'effet sur l'auditoire : "Beaucoup furent frappés de stupeur".
L'épisode s'ouvre et se clôt sur l'étonnement.
Dans les Évangiles, l'étonnement est généralement le sentiment éprouvé par ceux qui ont été témoins d'un miracle accompli par Jésus, et il débouche presque toujours sur une louange à Dieu.
Ici, à Nazareth, l'étonnement commence bien. Face à la sagesse de leur compatriote
qui n'a pas fréquenté les écoles des rabbins, ils demandent : "Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée ?".
"Donnée" par Dieu, s'entend. Leur question semble donc aller dans le bon sens. Mais une fois qu'ils ont saisi la vérité, ils ne continuent pas vers elle : "N'est-ce pas le charpentier ?
C'est la question fondamentale qui traverse tout l'évangile de Marc.
L'intention
L'intention de l'évangéliste est précisément de nous amener à trouver la vraie réponse à la question concernant la personne de Jésus : Qui est Jésus ? Quiconque entre en contact avec lui d'une manière ou d'une autre ressent invariablement la question de son identité.
Souvent, cependant, la question n'est pas maintenue ouverte dans une attitude de recherche et de réflexion sérieuse.
-->Les miracles ne sont pas des gestes extraordinaires destinés à impressionner les gens et à les forcer à adhérer à Jésus. Ils ne "produisent" pas la foi.
Le miracle est toujours une réponse à la foi. Il ne peut être "lu" qu'à la lumière de la foi et est un appel à la foi : un appel au cœur.
C'est pourquoi Jésus ne fait pas de miracle, mais guérit seulement quelques malades, dans la mesure de leur foi.Et il s'étonnait de leur incrédulité". Jésus ressent un profond malaise et un regret, il est "déconcerté". Il est déçu et aigri par la fausse religiosité de ceux qui prétendent que Dieu ne se manifeste que dans la puissance et le triomphe, alors qu'ils n'acceptent pas qu'il intervienne dans la pauvreté et la simplicité. Au contraire, avec l'Incarnation, Dieu pénètre l'humanité jusqu'à l'extrême limite, à travers un
"charpentier", un homme qui souffre et meurt de façon ignominieuse.
Quelle grâce ce jour-là pour les habitants de Nazareth, lorsque dans leur synagogue ils ont reçu la visite de Jésus et ont entendu sa parole ! Quelle occasion ! Une grâce, une occasion qui se répète pour nous, surtout lorsque nous sommes réunis pour la célébration de l'Eucharistie et que Jésus est au milieu de nous.
Mais ils ne l'ont pas pris au sérieux : l'étonnement, au lieu de se transformer en gratitude et en louange, s'est transformé en incrédulité.
Même dans nos paroisses, comme dans la vie des gens, Jésus aurait un grand désir de faire des miracles, de nous transformer. Mais il ne le peut pas, parce que nous ne prenons pas au sérieux sa parole, ses sacrements, nous ne prenons pas au sérieux le don qu'il nous prépare chaque dimanche. C'est pourquoi la vie reste
souvent aplatie et n'explose pas.
Il ne suffisait pas aux Nazaréens de connaître Jésus, d'être physiquement proches et familiers avec lui pour reconnaître son mystère. Nous aussi, nous pouvons nous laisser jouer par la fausse présomption d'être familiers avec Jésus, de tout savoir sur lui, mais d'être incapables d'aller au-delà de nos propres schémas pour exciper de son mystère.Et il s'étonnait de leur incrédulité". Jésus ressent un profond malaise et un regret, il est "déconcerté". Il est déçu et aigri par la fausse religiosité de ceux qui prétendent que Dieu ne se manifeste que dans la puissance et le triomphe, alors qu'ils n'acceptent pas qu'il intervienne dans la pauvreté et la simplicité. Au contraire, avec l'Incarnation, Dieu pénètre l'humanité jusqu'à l'extrême limite, à travers un
"charpentier", un homme qui souffre et meurt de façon ignominieuse.
Quelle grâce ce jour-là pour les habitants de Nazareth, lorsque dans leur synagogue ils ont reçu la visite de Jésus et ont entendu sa parole ! Quelle occasion ! Une grâce, une occasion qui se répète pour nous, surtout lorsque nous sommes réunis pour la célébration de l'Eucharistie et que Jésus est au milieu de nous.
Mais ils ne l'ont pas pris au sérieux : l'étonnement, au lieu de se transformer en gratitude et en louange, s'est transformé en incrédulité.
https://youtu.be/TerbDxVQq-U?si=cPlrSz6Kgam2-0_4
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